Pente d'évacuation des eaux grasses : 2 %, pourquoi et comment la tenir

Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse

Une évacuation d'eaux grasses ne pardonne pas ce qu'une évacuation d'eau claire tolère. La pente de 2 pour cent fixée par le DTU 60.11 n'est pas une marge de sécurité confortable, c'est le point d'équilibre entre une eau qui file trop vite en abandonnant ses matières et une eau qui stagne en les déposant. Et le mot qui compte, dans cette règle, n'est pas 2 pour cent mais régulière.

Pourquoi les eaux grasses exigent une pente soignée

Toute évacuation gravitaire repose sur le même principe : l'eau descend, et en descendant elle entraîne ce qu'elle transporte. Sur une eau claire, ce qu'elle transporte est négligeable, et un léger défaut de pente reste sans conséquence visible pendant des années. Sur une eau grasse, le contenu transporté change tout.

Les eaux de cuisine chargent l'évacuation de matières qui ont trois propriétés fâcheuses pour l'écoulement. Elles sont plus denses que l'eau claire, donc elles se déposent dès que la vitesse chute. Elles figent en refroidissant, ce qui transforme un dépôt fluide en dépôt solide. Et elles s'accumulent sur elles-mêmes, chaque dépôt réduisant la section et ralentissant encore l'écoulement, ce qui favorise le dépôt suivant. Ce mécanisme est auto-entretenu : une fois amorcé, il ne s'arrête pas seul.

La conséquence est que la pente joue un rôle plus critique sur une évacuation de cuisine que sur n'importe quelle autre. Ce n'est pas que la règle change, c'est que la marge d'erreur disparaît. Un défaut de pente qui resterait sans effet sur une eau claire devient, sur une eau grasse, le point de départ d'un bouchon. C'est pour cela qu'un séparateur de graisse correctement dimensionné et posé peut malgré tout donner lieu à des bouchons récurrents : le défaut n'est pas dans l'appareil, il est dans la pente du tronçon qui l'entoure.

Cette exigence explique aussi pourquoi la pente se contrôle à l'instrument et non à l'oeil. Un tracé qui paraît descendre régulièrement peut comporter un creux de quelques millimètres invisible au regard, et ce creux suffit à créer un point de stagnation. Sur une eau grasse, ces quelques millimètres décident de la tenue de l'installation.

Ce que dit le DTU 60.11 et ce que signifie 2 pour cent

Le DTU 60.11 fixe une pente d'évacuation de 2 pour cent vers le réseau pour les évacuations intérieures. Traduit en dénivelé, cela signifie que le tube descend de deux centimètres pour chaque mètre parcouru. Un tronçon de trois mètres descend donc de six centimètres entre son point de départ et son point d'arrivée, un tronçon de cinq mètres de dix centimètres.

Cette valeur a une double conséquence pratique qu'il faut avoir en tête dès le relevé, avant même de commander l'appareil. D'une part, la pente consomme de la hauteur : plus l'appareil est éloigné du point de rejet, plus il faut de dénivelé disponible pour tenir la pente jusqu'au bout. D'autre part, ce dénivelé s'ajoute à la marge nécessaire au raccordement lui-même. Un appareil placé à trois mètres du point de rejet demande six centimètres de chute rien que pour la pente, avant même de parler des raccords et des transitions. Si la hauteur disponible entre la sortie de l'appareil et le fil d'eau de l'évacuation existante ne couvre pas cette consommation, l'écoulement gravitaire ne passe pas, et cela se constate avant la commande.

Le pourcentage n'est pas une cible à dépasser pour se donner de la marge. C'est un équilibre. En dessous de 2 pour cent, l'eau circule trop lentement pour entraîner les matières grasses, qui se déposent. Au-dessus, sur une évacuation d'eaux grasses, un excès de pente fait filer l'eau trop vite : la lame d'eau devient trop mince pour transporter les matières, qui restent sur place tandis que l'eau les dépasse. Le résultat d'une pente trop forte ressemble à celui d'une pente trop faible, un tube qui s'encrasse, mais par un mécanisme opposé. Le 2 pour cent du DTU est le compromis qui maintient une vitesse d'entraînement suffisante sans faire filer l'eau au point d'abandonner ses matières.

Le mot qui compte : régulière

La pente réglementaire n'est pas une moyenne à atteindre sur la longueur totale du tronçon, c'est une caractéristique à tenir en tout point. Cette distinction est la source de la plupart des bouchons qui apparaissent sur des installations pourtant réputées conformes.

Un tronçon peut afficher une pente moyenne parfaite de 2 pour cent entre son début et sa fin, et comporter en son milieu un point bas où la pente s'annule puis se rétablit. Ce point bas se comporte exactement comme une contre-pente locale : l'eau y ralentit, les matières s'y déposent, le bouchon s'y forme. La moyenne est bonne, l'installation est mauvaise. C'est pourquoi on ne contrôle jamais une pente uniquement à ses deux extrémités : on la vérifie sur toute sa longueur.

Les causes d'irrégularité sont concrètes et se produisent à la pose. Un support de canalisation manquant laisse le tube fléchir sous son propre poids entre deux appuis, ce qui crée un ventre. Un raccord mal aligné impose une cassure de pente au point de jonction. Un tronçon repris après coup, raccordé sur un existant sans reprendre le tracé complet, hérite du défaut de l'ancien. Un manchon serré avant réglage de la pente fige un tube mal orienté. Chacune de ces causes se corrige au moment de la pose, pas après.

La règle de conduite qui en découle est simple : on règle la pente avant de figer quoi que ce soit, on la vérifie au niveau sur toute la longueur, on soutient le tube à intervalles réguliers pour l'empêcher de fléchir, et on ne serre les manchons qu'une fois la pente contrôlée. Le détail de cette mise en pente au sein de la séquence de pose figure dans installer un séparateur de graisse en sept étapes.

Amont et aval : deux tronçons, deux enjeux

Le séparateur de graisse sépare l'évacuation en deux tronçons de part et d'autre de l'appareil, et si la règle de pente est identique des deux côtés, les enjeux diffèrent. Comprendre cette différence aide à répartir la longueur et à placer l'appareil au bon endroit.

TronçonNature de l'eauEnjeu de la penteRisque si défaut
Amont, de la plonge à l'appareilEau grasse, chaude puis refroidissantAmener la charge à l'appareil sans dépôt en routeEncrassement avant traitement, surtout si tronçon long
Aval, de l'appareil au réseauEau clarifiée, encore chargée de finesRejoindre le réseau sans stagnationPoint bas et bouchon derrière l'appareil

En amont, le tronçon travaille sur l'eau la plus chargée. C'est l'eau qui sort directement de la plonge, la plus riche en matières grasses, et c'est aussi celle qui refroidit en chemin. Plus le tronçon amont est long, plus l'eau refroidit avant d'arriver, et plus les graisses risquent de figer et de se déposer avant même d'atteindre l'appareil. La parade tient en deux gestes : placer l'appareil au plus près de la plonge quand c'est possible pour raccourcir ce tronçon, et si le tronçon reste long, soigner la pente pour maintenir une vitesse d'entraînement. Un dépôt en amont encrasse une portion de tube qui n'est pas protégée par l'appareil et qui se cure séparément.

En aval, le tronçon travaille sur une eau clarifiée mais pas pure. L'eau sortie de l'appareil a laissé sa couche flottante et l'essentiel de ses matières, mais elle transporte encore des fines. C'est peu, mais suffisant pour former un dépôt sur un point bas. Le tronçon aval est aussi celui que l'on néglige le plus, parce qu'il est invisible une fois la cuisine remontée, et c'est pourtant là que se forment la plupart des bouchons. La règle est de placer l'appareil au plus près du point de rejet pour réserver la longueur au tronçon aval déjà clarifié, et de tenir la pente de 2 pour cent régulière jusqu'au raccordement sur le départ général.

Ces deux logiques peuvent entrer en tension quand la plonge et le point de rejet sont éloignés l'un de l'autre. Dans ce cas, on privilégie de raccourcir le tronçon amont chargé et de reporter la longueur sur l'aval clarifié, parce qu'un tronçon long d'eau clarifiée pardonne mieux qu'un tronçon long d'eau grasse et froide. Cet arbitrage se pose au relevé, pas à la pose.

Mesurer et régler la pente, étape par étape

La mise en pente est une opération d'instrument, pas d'appréciation. Voici la façon de la conduire pour obtenir une pente régulière et vérifiable.

  1. Repérer les deux extrémités du tronçon. Notez la cote de départ, c'est-à-dire la sortie de l'appareil ou le raccord de plonge selon le tronçon, et la cote d'arrivée au point de raccordement. La différence disponible entre les deux doit couvrir le dénivelé nécessaire : deux centimètres par mètre de longueur.
  2. Vérifier que le dénivelé disponible suffit. Multipliez la longueur du tronçon par deux centimètres. Si le dénivelé disponible entre les deux extrémités est inférieur, la pente réglementaire ne passe pas : il faut reprendre le tracé, rapprocher l'appareil ou abaisser le point d'arrivée. Ce constat se fait avant de poser le tube.
  3. Poser le tube à la pente voulue. Tendez la canalisation entre les deux extrémités en donnant la pente descendante vers le réseau. Utilisez un niveau à bulle avec repère de pente, ou un niveau posé sur une règle, pour caler l'inclinaison.
  4. Soutenir le tube à intervalles réguliers. Un tube non soutenu fléchit sous son poids et sous celui de l'eau, ce qui crée un ventre au milieu de chaque portée. Placez des supports assez rapprochés pour empêcher tout fléchissement, en veillant à ce que chaque support respecte la ligne de pente.
  5. Contrôler la pente en plusieurs points. Ne vous contentez pas des extrémités. Déplacez le niveau le long du tronçon et vérifiez qu'il indique la même pente partout, sans plat ni remontée. C'est ce contrôle intermédiaire qui détecte le point bas invisible à l'oeil.
  6. Figer seulement après contrôle. Ne serrez les manchons et ne fixez les supports définitivement qu'une fois la pente vérifiée sur toute la longueur. Un raccord serré fige la géométrie : le serrer avant contrôle revient à figer un défaut éventuel.
  7. Vérifier après mise en eau. Faites un écoulement en charge depuis la plonge et observez. L'écoulement doit être franc et s'arrêter net. Quelques minutes après, aucune eau ne doit rester dans le tronçon : toute rétention signale un point bas qui a échappé au contrôle et qui se reprend le jour même.

La contre-pente et le point bas, défauts destructeurs

Parmi tous les défauts de tracé, la contre-pente et le point bas sont les plus destructeurs sur une évacuation d'eaux grasses, parce qu'ils créent un piège permanent où les matières s'accumulent.

La contre-pente est un tronçon qui remonte. Au lieu de descendre vers le réseau, le tube monte sur une portion de son tracé. L'eau doit alors remonter cette portion pour poursuivre, ce qu'elle ne fait qu'en s'accumulant en amont jusqu'à ce que le niveau soit suffisant pour franchir le point haut. Pendant tout ce temps, l'eau stagne et les matières se déposent. La contre-pente résulte presque toujours d'un obstacle contourné par le dessus ou d'un raccordement sur un existant plus haut que la sortie de l'appareil.

Le point bas est un creux entre deux pentes correctes. Il est plus insidieux que la contre-pente parce que le tracé descend bien de part et d'autre, ce qui donne l'illusion d'une pente correcte. Mais au fond du creux, l'eau stagne exactement comme dans une contre-pente. Le point bas naît le plus souvent d'un tube qui fléchit entre deux supports trop espacés, ou d'un raccord mal aligné qui casse la pente.

Les deux défauts produisent le même symptôme en exploitation : un écoulement qui ralentit progressivement, des remontées d'odeur par le point de stagnation, et un bouchon récurrent au même endroit malgré les curages. La correction est la même dans les deux cas : reprendre le tronçon pour rétablir une pente régulière descendante à 2 pour cent, en supprimant l'obstacle qui imposait la remontée ou en ajoutant les supports qui manquaient. Ces défauts et leur correction figurent aussi dans les erreurs d'installation à éviter, prises par le symptôme.

Pente et diamètre : deux règles distinctes qui ne se compensent pas

Une idée reçue tenace veut qu'on puisse rattraper un manque de pente par un diamètre plus généreux, en se disant qu'un tube plus large évacuera mieux. Sur une évacuation d'eaux grasses, c'est l'inverse qui se produit.

La pente et le diamètre gouvernent deux phénomènes différents. La pente détermine la vitesse d'écoulement, donc la capacité de l'eau à entraîner les matières. Le diamètre détermine la section, donc le débit maximal que le tube peut évacuer. Ce sont deux règles indépendantes qui se règlent chacune selon son critère : 2 pour cent régulier pour la pente, diamètre 50 conservé sans réduction pour la section.

Augmenter le diamètre sur une pente insuffisante aggrave le problème au lieu de le résoudre. Dans un tube plus large à faible pente, la même quantité d'eau forme une lame plus mince au fond du tube. Cette lame mince a une vitesse encore plus faible et une capacité d'entraînement encore moindre : les matières s'y déposent d'autant plus facilement. Le tube large et peu penté est le pire cas pour une eau grasse. La bonne réponse à un défaut de pente n'est jamais un diamètre plus gros, c'est le rétablissement de la pente.

Sur nos sept volumes, le raccordement est en diamètre 50 millimètres, entrée comme sortie, et ce diamètre se conserve sur tout le tronçon aval jusqu'au départ général. La règle du diamètre, distincte de celle de la pente, est développée dans quel diamètre de raccordement et dans le guide de raccordement en diamètre 50 mm. Les deux règles se vérifient ensemble à la réception, jamais l'une comme substitut de l'autre.

Vérifier la pente à la réception et en exploitation

La pente se réceptionne comme un lot technique et se surveille ensuite, parce qu'un tronçon correct le jour de la pose peut se déformer si un support cède ou si la cuisine change autour.

À la réception. Contrôlez la pente au niveau sur toute la longueur des deux tronçons, amont et aval. Faites un écoulement en charge depuis la plonge et observez : écoulement franc, arrêt net, aucune rétention quelques minutes après. Un écoulement qui hésite, glougloute ou s'arrête par à-coups signale un défaut de tracé ou de ventilation en aval, pas un défaut de l'appareil. Ces contrôles font partie des points de réception listés dans la séquence de pose.

En exploitation. Un écoulement qui ralentit progressivement, des odeurs qui apparaissent sans cause apparente, un bouchon récurrent au même endroit : ces trois symptômes pointent vers un défaut de pente, un point bas ou une contre-pente, avant de pointer vers l'appareil. Avant de suspecter le séparateur de graisse, on vérifie le tracé. Un support qui a cédé sous le poids de l'eau, un tronçon repris lors d'une modification de cuisine sans reprendre la pente, un raccordement partiel ajouté : chacune de ces évolutions peut introduire un défaut de pente sur une installation qui était correcte.

La cuisine qui change. C'est le cas le plus fréquent de dégradation. Un lave-vaisselle ajouté et raccordé au plus court, une seconde plonge installée sans reprendre le tracé, un poste de nettoyage créé au fond du local : chacune de ces modifications est faite pour de bonnes raisons et aucune ne pose la question de la pente d'ensemble. Le résultat peut être un tronçon nouveau mal penté greffé sur une évacuation correcte. Toute modification de plomberie en cuisine se termine par la même vérification : le nouveau tronçon respecte-t-il la pente régulière de 2 pour cent.

Anticiper la pente dès le dimensionnement

La pente ne se traite pas isolément le jour de la pose : elle se prépare dès le choix du volume et de l'emplacement, parce qu'elle conditionne la faisabilité gravitaire de toute l'installation.

Le volume se détermine d'abord par le besoin, à partir du nombre de couverts servis et des postes raccordés, avec le calculateur NF EN 1825. Mais le volume retenu fixe l'encombrement de l'appareil, donc sa hauteur, donc la cote de sa sortie, et cette cote entre directement dans le calcul de la pente disponible en aval. Un appareil plus volumineux, posé plus haut, laisse plus de dénivelé pour la pente aval ; un appareil compact posé bas en laisse moins. La faisabilité gravitaire, c'est-à-dire la comparaison entre la cote de sortie de l'appareil ramenée au sol et le fil d'eau de l'évacuation existante, se vérifie avant la commande. Cette comparaison, développée dans les guides d'installation, intègre la consommation de dénivelé par la pente sur la longueur du tronçon aval.

Concrètement, avant de commander, on additionne trois choses : la marge de raccordement, le dénivelé consommé par la pente sur la longueur du tronçon aval à raison de deux centimètres par mètre, et la cote de sortie de l'appareil. Si la somme reste au-dessus du fil d'eau de l'évacuation existante, la configuration passe en gravitaire. Sinon, il faut reprendre l'évacuation pour abaisser son fil d'eau, ou surélever l'appareil. Ce calcul se fait cotes en main, et il vaut pour tout profil d'activité, d'un petit service à un gros débit comme un service de 200 couverts par jour.

Un doute sur un dénivelé limite, une évacuation basse ou un tronçon long à penter se lève avant la commande. Décrivez la configuration à notre équipe technique au 01 84 80 50 34, cotes en main.

Préparer une évacuation conforme. Le volume se détermine avec le calculateur NF EN 1825, les cotes de sortie de chaque modèle figurent sur les fiches du catalogue inox 304L, et les guides d'installation détaillent la faisabilité gravitaire configuration par configuration.

Questions fréquentes

Quelle pente donner à l'évacuation d'un séparateur de graisse ?

Une pente régulière de 2 pour cent vers le réseau, conformément au DTU 60.11, sans contre-pente ni point bas intermédiaire. Concrètement, chaque mètre de tronçon descend de deux centimètres. Le mot déterminant est régulière : une pente correcte en moyenne mais comportant un creux se comporte comme une contre-pente à cet endroit.

Pourquoi les eaux grasses exigent-elles une pente plus soignée qu'une eau claire ?

Parce qu'elles transportent des matières qui se déposent dès que l'eau ralentit et qui figent en refroidissant. Une eau claire pardonne un léger défaut de pente ; une eau grasse le transforme en dépôt, puis en bouchon. La régularité de la pente compte donc davantage sur une évacuation de cuisine que sur une évacuation ordinaire.

Que se passe-t-il si la pente est insuffisante ?

L'eau circule trop lentement pour entraîner les matières. Elles se déposent au fond du tube, réduisent progressivement la section, et le dépôt s'auto-entretient jusqu'au bouchon. Une pente insuffisante ne se voit pas le jour de la pose : elle se manifeste des semaines plus tard par des écoulements lents et des odeurs.

Une pente trop forte est-elle un problème ?

Elle l'est sur les eaux grasses. Une pente excessive fait filer l'eau trop vite en laissant les matières sur place, faute d'être entraînées par une lame d'eau suffisante. Le résultat ressemble à celui d'une pente trop faible : dépôt et encrassement. La pente régulière de 2 pour cent est le compromis retenu par le DTU 60.11.

Comment mesurer la pente d'un tronçon d'évacuation ?

Au niveau à bulle avec repère de pente, ou au niveau posé sur une règle, sur toute la longueur du tronçon et non au seul raccord. Deux centimètres de dénivelé par mètre correspondent à 2 pour cent. Contrôlez plusieurs points le long du tracé pour détecter un creux ou une remontée invisibles à l'oeil.

Qu'est-ce qu'une contre-pente et pourquoi est-ce grave ?

C'est un tronçon qui remonte au lieu de descendre, ou un point bas entre deux pentes. L'eau y stagne au lieu de s'écouler, les matières s'y déposent et le bouchon se forme précisément là. Sur une évacuation d'eaux grasses, la contre-pente est le défaut de tracé le plus destructeur, et il se corrige en reprenant le tronçon.

La pente est-elle la même en amont et en aval du séparateur de graisse ?

La règle de 2 pour cent régulier vaut des deux côtés, mais les enjeux diffèrent. En amont, l'eau chargée doit arriver à l'appareil sans se déposer en route, surtout si le tronçon est long et refroidit. En aval, l'eau clarifiée mais encore chargée de fines doit rejoindre le réseau sans stagner. Aucun des deux tronçons ne tolère de point bas.

Peut-on rattraper un manque de pente par un diamètre plus gros ?

Non. Un diamètre plus gros sur une pente insuffisante aggrave la situation, car la lame d'eau y est plus mince et entraîne encore moins les matières. La pente et le diamètre se règlent chacun selon sa règle : 2 pour cent régulier pour la pente, diamètre 50 conservé sans réduction pour la section. L'un ne compense pas l'autre.

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