Poser un séparateur de graisse sous plonge : cotes et mise en service

Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse

Une pose sous plonge se décide sur quatre mesures prises avant la commande, et se vérifie sur une seule comparaison : le fil d'eau de sortie de l'appareil contre celui de l'évacuation existante. Cinq volumes passent sous une plonge, du 30 au 100 litres. Le premier remplissage ne fait que confirmer ce que le relevé avait déjà établi.

Les quatre mesures qui décident de la pose

Le relevé se fait avant la commande, pas le jour de l'intervention. C'est la seule étape de ce chantier qui coûte cher quand elle est bâclée : un appareil livré qui ne rentre pas repart, un appareil qui rentre au millimètre mais qu'on ne peut plus ouvrir devient un équipement non entretenu, donc saturé, donc non conforme en fonctionnement. Quatre mesures suffisent, et elles se prennent en un quart d'heure avec un mètre rigide et une feuille.

La hauteur libre sous la plonge. Elle se mesure du sol fini au point le plus bas de ce qui surplombe l'emplacement, et ce point n'est pas toujours le dessous du bac : c'est souvent une traverse de meuble, une tablette intermédiaire, une platine de fixation ou le siphon existant qui descend plus bas que tout le reste. Le mètre se tient vertical, plaqué contre un montant, jamais tendu en diagonale depuis l'avant du meuble, faute de quoi la cote relevée est supérieure de plusieurs centimètres à la hauteur réellement exploitable. Prenez la mesure en trois points, à l'avant, au milieu et au fond de l'emplacement, et retenez la plus faible des trois. Un sol de cuisine professionnelle est rarement plan, parce qu'il est réglé en pente vers le siphon de sol, et les pieds réglables d'une plonge ancienne ne sont presque jamais à la même hauteur.

La cote du fil d'eau de l'évacuation existante. C'est la hauteur, par rapport au sol fini, du niveau où l'eau circule dans la canalisation de départ. Elle n'a rien à voir avec la hauteur du tube, ni avec celle du raccord visible. C'est la mesure la plus technique des quatre et c'est aussi celle qui décide de la faisabilité gravitaire. Elle mérite sa propre section, plus bas.

La longueur et la profondeur réellement dégagées. La cote utile n'est pas la largeur du meuble mais l'espace entre les obstacles fixes : pieds de plonge, montants, plinthe, tuyauterie d'alimentation qui redescend au fond, siphon de sol. Mesurez au plus étroit, et vérifiez au passage la profondeur libre depuis le nu de la plinthe jusqu'au mur, en tenant compte du fait qu'un appareil doit pouvoir être présenté puis reculé, pas seulement occuper sa place finale. Un séparateur de graisse dont l'encombrement est égal au millimètre à l'espace disponible ne se pose pas : il faut pouvoir l'engager.

Le dégagement de manoeuvre du couvercle. C'est la mesure que l'on oublie et que l'on regrette. L'appareil s'ouvre par le dessus, sur toute sa surface, et il doit s'ouvrir sans démonter quoi que ce soit. La hauteur libre doit donc dépasser la hauteur hors tout de la cuve de la course nécessaire pour dégager le couvercle et sortir les dépôts, et l'accès frontal doit permettre de passer un bras et un récipient. Cette réserve ne se chiffre pas dans l'absolu : elle dépend du couvercle et de la façon dont l'exploitant travaille. Elle se teste, en ouvrant une fois complètement.

Notez les quatre valeurs sur la même feuille et gardez-la. Elle sert à la commande, puis au plombier, puis au dossier. Le détail des erreurs classiques de relevé est repris dans les erreurs d'installation à éviter, qui les prend par le symptôme plutôt que par la mesure.

Le fil d'eau : où se prend la mesure, et l'erreur qui la fausse

Le fil d'eau est le niveau de la surface d'écoulement dans une canalisation, autrement dit la génératrice intérieure basse du tube. Ce n'est ni le dessus du tube, ni son axe, ni le bord d'un raccord. Sur une évacuation existante, la cote se relève depuis le sol fini jusqu'à ce niveau, et la mesure se prend sur le tube nu, à distance de tout accessoire.

L'erreur la plus fréquente est de mesurer sur le raccord plutôt que sur le tube. Un manchon, un collier de serrage, une bague de transition ou le corps d'un coude se posent par-dessus la canalisation et ont leur propre épaisseur. Une cote relevée sur le bord inférieur d'un manchon annonce donc un fil d'eau plus bas qu'il ne l'est réellement, de l'épaisseur de la pièce. Sur un chantier où la marge gravitaire se compte en millimètres, cette erreur suffit à valider une configuration qui ne passera pas, ou à condamner une configuration qui passait. La règle est simple : reculez de dix à quinze centimètres du raccord, mesurez sur le tube, et déduisez l'épaisseur de paroi si vous ne pouvez atteindre que la génératrice extérieure basse.

La deuxième erreur consiste à mesurer depuis un sol qui n'est pas le sol fini. Sur un chantier de rénovation où le carrelage n'est pas encore posé, ou dans un local dont le sol est en pente, la référence doit être écrite noir sur blanc à côté de la cote : sol fini existant, chape brute, ou point haut du carrelage. Deux relevés pris depuis deux références différentes ne se comparent pas.

Côté appareil, la logique est la même mais le repère change. Les cotes de fil d'eau d'entrée et de sortie de nos modèles se relèvent depuis le fond de l'appareil, pas depuis le sol. Pour comparer les deux mondes, il faut donc ramener la cote produit au sol fini en lui ajoutant l'épaisseur de ce sur quoi l'appareil repose : rien du tout s'il pose directement sur le sol, l'épaisseur des cales ou du socle dans le cas contraire. C'est une addition triviale que presque personne ne fait explicitement, et c'est exactement là que se glissent les écarts.

Sur toute la gamme, la sortie est trente millimètres plus basse que l'entrée. Cette différence constante n'est pas une tolérance de fabrication, c'est ce qui assure l'écoulement gravitaire à travers l'appareil. Elle a une conséquence pratique : si vous connaissez le fil d'eau d'entrée d'un modèle, vous connaissez sa sortie sans consulter la fiche.

Les cinq volumes qui passent sous plonge

Trente, quarante, soixante, soixante-dix et cent litres : ce sont les volumes de la gamme conçus pour une implantation sous plonge. Les 120 et 200 litres sont des appareils à poser au sol, à côté de la plonge, et relèvent d'une autre logique d'implantation. Le tableau ci-dessous croise ce qui compte au relevé : la hauteur hors tout de la cuve, le fil d'eau de sortie, la hauteur libre à réserver sous la plonge et le profil de couverts couvert par chaque volume.

ModèleHauteur hors toutFil d'eau sortieHauteur libre à réserver sous plongeCouverts par jour
30 L350 mm164,5 mm350 mm de cuve, plus le dégagement de manoeuvre du couvercle15 à 25
40 L380 mm214,5 mm380 mm de cuve, plus le dégagement de manoeuvre du couvercle25 à 40
60 L400 mm304,5 mm400 mm de cuve, plus le dégagement de manoeuvre du couvercle40 à 60
70 L420 mm214,5 mm420 mm de cuve, plus le dégagement de manoeuvre du couvercle60 à 90
100 L450 mm326,5 mm450 mm de cuve, plus le dégagement de manoeuvre du couvercle90 à 140

La colonne de la hauteur libre est volontairement exprimée ainsi. Il n'existe pas de valeur universelle de hauteur minimale sous plonge, parce que le dégagement d'ouverture dépend du couvercle, de la façon dont l'exploitant sort les dépôts et de la présence ou non d'une traverse au-dessus. Ce qui est certain, c'est le premier terme : la cuve occupe sa hauteur hors tout, et tout ce qui reste au-dessus est de la marge de manoeuvre. Réserver exactement la hauteur hors tout revient à installer un appareil que l'on n'ouvrira plus.

La lecture du fil d'eau de sortie réserve une surprise apparente : le 70 L sort à la même cote que le 40 L, plus bas que le 60 L. Ce n'est pas une anomalie, c'est la conséquence des géométries internes propres à chaque volume. La conclusion pratique est qu'on ne déduit jamais la cote d'un modèle de celle du modèle voisin : on la lit sur la fiche produit du modèle retenu, dans le catalogue inox 304L.

Arbitrer entre le volume calculé et la hauteur réellement disponible

L'arbitrage se pose dans un seul sens et il n'est pas symétrique. Le volume se détermine d'abord par le besoin, à partir du nombre de couverts servis et des postes raccordés, selon la logique de dimensionnement de la norme NF EN 1825. Le calculateur NF EN 1825 donne ce volume en six questions, et la méthode de conversion entre couverts et litres est détaillée dans la capacité selon votre établissement.

Ce volume calculé est un plancher. La hauteur disponible sous la plonge est une contrainte physique. Quand les deux se contredisent, ce n'est jamais le volume que l'on rabote.

Descendre d'un cran de volume pour tenir sous la plonge est la seule décision réellement irréversible de ce chantier. Un appareil sous-dimensionné sature plus vite, exige des vidanges rapprochées, et laisse repartir des graisses vers le réseau dès que le rythme d'entretien décroche. Aucune qualité de pose ne compense un volume insuffisant. Si le 100 L est nécessaire et que la hauteur libre ne le permet pas, les options sont ailleurs : reprendre la plonge pour gagner de la hauteur, déplacer l'appareil au sol à côté de la plonge, ou revoir l'implantation du poste.

Monter d'un cran, en revanche, est souvent une bonne opération quand la place le permet. Un volume supérieur au strict nécessaire allonge l'intervalle entre deux vidanges et donne de la marge quand l'activité augmente ou qu'un poste est ajouté. Il n'y a pas de contre-indication technique tant que le débit reste dans la plage admissible et que le dégagement de curage reste réel. Le point de comparaison par profil d'activité est donné volume par volume dans les pages de dimensionnement, par exemple pour un service de 60 couverts par jour.

Une remarque sur la profondeur, qui bloque plus souvent que la hauteur dans les meubles anciens : les cotes en profondeur vont de 300 mm pour le 30 L à 450 mm pour le 100 L. Un meuble de plonge dont l'espace utile entre plinthe et mur est réduit peut accepter la hauteur d'un 100 L et refuser sa profondeur. Les trois dimensions se vérifient ensemble, jamais l'une après l'autre.

La lecture croisée des deux fils d'eau

C'est le contrôle qui décide de la faisabilité gravitaire, et il tient en une comparaison. D'un côté, le fil d'eau de sortie de l'appareil, ramené au sol fini : cote produit relevée depuis le fond de la cuve, plus l'épaisseur des cales ou du socle éventuel. De l'autre, le fil d'eau de l'évacuation existante, relevé depuis le même sol fini, au point de raccordement.

Si la sortie de l'appareil se situe au-dessus du fil d'eau de l'évacuation, la configuration passe en gravitaire, à condition que l'écart disponible permette de tenir la pente sur la longueur du tronçon. Le DTU 60.11 fixe cette pente à 2 % vers le réseau pour les évacuations intérieures. Concrètement, chaque mètre de tronçon consomme deux centimètres de dénivelé, et cette consommation s'ajoute à la marge nécessaire au raccordement lui-même. Un appareil placé à trois mètres du point de rejet demande donc six centimètres de chute rien que pour la pente, avant même de parler des raccords.

Si la sortie de l'appareil se situe en dessous, l'écoulement gravitaire est impossible en l'état. Le constat n'est pas une fatalité, mais il change la nature du chantier et il se fait avant la commande, pas le jour de la pose. Deux réponses existent. La première est de reprendre le tronçon d'évacuation pour abaisser son fil d'eau, ce qui suppose de la hauteur disponible en aval, jusqu'au départ général. La seconde est de surélever l'ensemble, appareil et le cas échéant plonge, sur un socle stable, en vérifiant que la hauteur libre au-dessus de l'appareil reste suffisante pour ouvrir le couvercle. La première solution est préférable dans la plupart des cas, parce qu'elle ne consomme pas la hauteur de manoeuvre.

Si les deux cotes sont proches à quelques millimètres près, considérez que la configuration ne passe pas. Une marge nulle ne survit à aucun aléa : une cale un peu plus épaisse, une reprise de sol, un manchon plus généreux que prévu, et le tronçon aval se retrouve à plat. Or un tronçon à plat n'est pas un tronçon lent, c'est un tronçon où l'eau stagne, où les matières se déposent et où le bouchon se forme. Le sujet est traité en détail dans le diamètre de raccordement, qui rappelle aussi qu'on ne réduit jamais la section en aval de l'appareil.

Préparer le poste avant de sortir l'appareil du carton

La préparation prend dix minutes et elle conditionne la propreté de l'intervention. Elle commence par la coupure de l'alimentation qui dessert la plonge et par la vidange des bacs, canalisation laissée s'égoutter. Le sol se protège, systématiquement : la dépose du siphon existant libère des résidus qui marquent un joint de carrelage de façon durable.

L'outillage tient dans une caisse : niveau à bulle d'une longueur au moins égale à la largeur de la cuve, clé pour colliers, tournevis, scie à tube si le tronçon doit être repris, chiffons secs pour le contrôle d'étanchéité, cales rigides, seau. Les manchons de connexion EPDM en diamètre 50 millimètres se préparent en même temps que le reste : c'est la pièce à trente euros qui arrête un chantier quand elle manque.

La dépose de l'existant est le moment où l'on découvre l'état réel du départ. Un tronçon déjà encrassé se cure maintenant, pendant que l'accès est dégagé, et jamais après la pose de l'appareil, quand il faudra de nouveau tout démonter. Profitez-en pour vérifier l'état du tube lui-même, sa fixation, et l'absence de fissure au droit des colliers.

Vérifiez le sol avant de poser la cuve. Passez le niveau à l'emplacement prévu, dans les deux axes. Un carrelage de cuisine professionnelle est réglé en pente vers le siphon de sol : la pente existe par conception, elle n'est pas un défaut, mais elle impose un calage. Repérez également les joints creux et les éventuelles fissures qui empêcheraient un appui plein.

Présentez l'appareil à vide avant tout raccordement. Engagez-le à sa place définitive, ouvrez le couvercle en entier, refermez-le, ressortez-le. Cette manoeuvre à blanc valide en trente secondes ce que le relevé avait annoncé, et elle se fait tant qu'il est encore possible de changer d'implantation sans rien découper.

Le calage et le niveau, deux opérations distinctes

Le niveau est un résultat, le calage est le moyen de l'obtenir. On les confond souvent, et c'est ce qui produit des appareils posés de niveau le jour de la pose et hors niveau trois mois plus tard.

Pourquoi le niveau compte. La ligne de séparation entre l'eau et la couche flottante est horizontale, parce que c'est la gravité qui la fixe. Si la cuve penche, cette ligne se déplace par rapport au départ : d'un côté la couche de graisse s'épaissit et s'approche de la sortie, de l'autre le volume utile se réduit. L'appareil sature plus vite et laisse passer la graisse avant d'être plein. Ce n'est pas un défaut esthétique, c'est une perte de fonction.

Comment se contrôle le niveau. Niveau à bulle posé sur le rebord de la cuve, dans les deux axes, longueur et largeur. Jamais sur le couvercle : la planéité d'un couvercle ne prouve rien sur l'assiette de la cuve, et un couvercle légèrement voilé donne une lecture fausse. Sur les cuves les plus larges, prenez la mesure sur deux positions décalées pour écarter un défaut local de rebord.

Comment se fait le calage. En appui plein, sous le fond de la cuve, avec des cales rigides qui ne fluent pas sous charge. Une cale ponctuelle sous un angle transforme le fond en porte-à-faux et concentre tout le poids en service sur un point. Le matériau compte : un plastique tendre, un morceau de bois brut ou une cale de chantier destinée au réglage provisoire se tassent sous la charge d'un appareil plein et sous les cycles thermiques des eaux de plonge. Le résultat est la perte de niveau différée, qui apparaît des semaines après la pose quand plus personne ne fait le lien avec l'installation.

Le sens de circulation se vérifie au même moment. Entrée côté plonge, sortie côté réseau. L'indication figure sur la cuve, elle se lit, elle ne se déduit pas de la position des tuyaux. Un appareil calé, de niveau et raccordé à l'envers est un appareil qui ne sépare rien.

Le premier remplissage et la mise en service, étape par étape

Cette séquence commence quand l'appareil est calé, de niveau et raccordé, entrée et sortie serrées sans écraser les manchons. Elle ne remplace pas la séquence de pose générique décrite dans installer un séparateur de graisse en sept étapes : elle la prolonge, à partir du moment où l'on ouvre l'eau.

  1. Contrôler une dernière fois avant de mettre en eau. Niveau dans les deux axes sur le rebord de la cuve, sens de circulation lu sur l'appareil, colliers serrés, joint de couvercle en place et non pincé. Tout ce qui se corrige à sec se corrige maintenant, parce que la cuve pleine ne se manipule plus.
  2. Remplir la cuve à l'eau claire, sans passer par la plonge. Le remplissage direct, lentement, permet de voir la montée du plan d'eau et de repérer immédiatement une fuite sur le raccord d'entrée avant qu'un débit franc ne la masque. Suivez le niveau à l'oeil pendant toute la montée.
  3. Arrêter au premier écoulement en sortie et laisser stabiliser. Le plan d'eau doit se fixer à la hauteur du fil d'eau de sortie et ne plus bouger. Un niveau qui continue de monter au-dessus signale une sortie contrainte en aval : contre-pente, réduction de section ou obstacle dans le tronçon existant.
  4. Contrôler chaque raccord au chiffon sec. Passez le chiffon sur l'entrée, sur la sortie, sur le pourtour du couvercle, puis relisez le chiffon. Une trace localisée d'humidité vaut constat de fuite, même sans goutte visible. Reprenez le collier concerné et recontrôlez.
  5. Faire un essai en charge depuis la plonge. Remplissez les deux bacs de plonge à l'eau claire et videz-les d'un coup. C'est le seul essai représentatif du fonctionnement réel : il sollicite l'entrée au débit d'un service, pas au filet d'un robinet.
  6. Observer l'écoulement en sortie pendant la vidange. L'écoulement doit être franc, régulier, et s'arrêter net quand les bacs sont vides. Un débit qui hésite, qui glougloute ou qui s'arrête par à-coups indique un problème de ventilation ou de tracé en aval, pas un problème d'appareil.
  7. Vérifier l'absence de rétention quelques minutes après. Repassez sur le tronçon aval une fois l'écoulement terminé. Toute eau qui reste en ligne signale un point bas ou une contre-pente, et ce point deviendra le lieu exact du premier bouchon. Il se reprend le jour même.
  8. Rouvrir le couvercle une dernière fois, en entier. C'est le test de dégagement en conditions réelles, appareil plein et cuisine remontée. S'il faut démonter quoi que ce soit pour l'ouvrir, l'implantation est à revoir maintenant, pas à la première vidange.
  9. Faire signer le procès-verbal de pose avant le départ de l'installateur. Date, identité du poseur, modèle installé, respect de la pente, résultat de l'essai d'étanchéité. Un procès-verbal réclamé trois semaines plus tard se rédige de mémoire, et cela se voit.

Ce que l'on observe pendant le premier remplissage

Le premier remplissage n'est pas une formalité de mise en eau, c'est le seul moment où l'on voit fonctionner l'appareil à vide de graisse, donc où l'on peut interpréter ce que l'on voit sans ambiguïté. Quatre observations méritent d'être notées.

Le niveau statique. Il se cale à la hauteur du fil d'eau de sortie et il y reste. C'est la mesure la plus utile de toute l'installation, parce qu'elle devient la référence : plus tard, un niveau statique plus haut signalera un aval qui se restreint, un niveau plus bas signalera une fuite ou un défaut de garde d'eau. Notez-la.

Le comportement du plan d'eau pendant la charge. Lors de la vidange des bacs, le niveau monte brièvement puis redescend. Une montée modérée qui s'efface en quelques secondes est normale : c'est le temps de transit à travers l'appareil. Une montée qui persiste, ou qui atteint le dessous du couvercle, indique que la sortie n'évacue pas au rythme de l'entrée.

Les bruits. Un glouglou en fin de vidange, un siphon de plonge qui se désamorce ou un bruit d'aspiration signalent une ventilation insuffisante du réseau plutôt qu'un défaut de l'appareil. La distinction entre ventilation primaire et ventilation secondaire relève de la norme NF EN 12056, et le symptôme se manifeste toujours au même endroit : la garde d'eau qui se vide par dépression, dont la valeur de référence retenue par les textes de plomberie sanitaire est de l'ordre de 50 mm au sens de la norme NF EN 1253.

La tenue des raccords dans la durée courte. Un manchon correctement serré ne bouge pas. Un manchon trop serré, écrasé, fuit à froid et se relâche à chaud. Le contrôle au chiffon sec se refait une seconde fois après l'essai en charge, une fois la ligne montée en température, parce que certains suintements n'apparaissent qu'au premier cycle thermique.

Une remarque sur le premier service : la cuve doit rester en eau. Un séparateur de graisse vidé et non réamorcé n'assure ni temps de séjour, ni couche flottante, ni garde d'eau contre les remontées d'odeur depuis le réseau. Après chaque vidange d'entretien, le réamorçage à l'eau claire fait partie de l'opération, pas des options.

Fermer le dossier le jour même

L'installation ne s'arrête pas au serrage du dernier collier. Trois gestes referment l'opération et évitent de rouvrir le sujet le jour d'un contrôle.

Ouvrir le registre d'entretien. La première ligne est la mise en service : date, modèle, volume, débit maximal admissible, nom de l'installateur. Cette ligne devient la référence de tout l'historique qui suivra, et la méthode de tenue est détaillée dans comment remplir le registre d'entretien.

Relever le débit maximal admissible et l'inscrire en tête du registre. Il va de 60 L/h pour le 30 L à 200 L/h pour le 100 L sur les volumes sous plonge. C'est la donnée que l'on cherche systématiquement le jour d'un contrôle et que personne n'a sous la main.

Classer les pièces immédiatement. Procès-verbal de pose, certificat de conformité, note de dimensionnement et facture rejoignent la même chemise, conservée sur place en version papier. Le règlement d'assainissement du service local et le Règlement Sanitaire Départemental Type imposent le prétraitement des eaux grasses avant rejet ; c'est ce dossier qui prouve que l'obligation est tenue, et l'article L. 1331-10 du code de la santé publique encadre l'autorisation de déversement des eaux usées non domestiques délivrée par la collectivité.

Afficher la consigne au poste. Deux lignes au-dessus de la plonge suffisent : pas d'huile de friture en volume dans le séparateur de graisse, raclage à sec des assiettes et des plats avant plonge. C'est la mesure la moins coûteuse pour espacer les vidanges, et la seule qui dépend entièrement de l'équipe.

Un doute sur une hauteur libre limite, une évacuation basse ou un meuble de plonge atypique se lève avant la commande, pas le jour de la pose. Décrivez la configuration à notre équipe technique au 01 84 80 50 34, cotes en main.

Préparer une pose sous plonge. Le volume se détermine avec le calculateur NF EN 1825, les cotes complètes de chaque modèle figurent sur les fiches du catalogue inox 304L.

Questions fréquentes

Quelles mesures prendre avant de commander un séparateur de graisse sous plonge ?

Quatre. La hauteur libre entre le sol fini et le point le plus bas du meuble, la cote du fil d'eau de l'évacuation existante par rapport au sol, la longueur et la profondeur réellement dégagées entre les pieds de plonge, et le dégagement nécessaire pour ouvrir le couvercle en entier sans démonter de mobilier.

Où se prend exactement la cote de fil d'eau ?

Sur la génératrice intérieure basse du tube, c'est-à-dire le niveau où l'eau circule réellement, et sur le tube nu. Mesurer sur un manchon, un collier ou un coude fausse la cote de plusieurs millimètres, puisque ces pièces ont leur propre épaisseur et se posent par-dessus la canalisation.

Quel volume de séparateur passe sous une plonge ?

Cinq volumes sont prévus pour cette implantation : 30, 40, 60, 70 et 100 litres. Leur hauteur hors tout va de 350 mm pour le 30 L à 450 mm pour le 100 L. Au-delà, les modèles 120 et 200 litres sont des appareils à poser au sol, à côté de la plonge.

Comment savoir si l'écoulement gravitaire est possible ?

En comparant deux cotes ramenées au même repère, le sol fini. La sortie de l'appareil doit se situer au-dessus du fil d'eau de l'évacuation existante, avec assez d'écart pour tenir la pente de 2 % du DTU 60.11 sur toute la longueur du tronçon. Sinon, il faut reprendre l'évacuation ou surélever l'ensemble.

Faut-il caler un séparateur de graisse sous plonge ?

Oui dès que le sol n'est pas plan, ce qui est le cas courant en cuisine à cause de la pente vers le siphon de sol. Le calage se fait sous la cuve, en appui plein et stable, jamais sur un point unique ni sur une cale susceptible de fluer sous la charge en service.

Que faut-il observer pendant le premier remplissage ?

Le niveau statique doit se stabiliser à la hauteur du fil d'eau de sortie, sans monter au-dessus. L'écoulement en sortie doit être franc et s'arrêter net. Aucun raccord ne doit suinter au chiffon sec, et aucune eau ne doit rester dans le tronçon aval quelques minutes après la fin de la vidange.

Le séparateur doit-il être mis en eau avant le premier service ?

Oui. Un appareil vide laisse passer les eaux grasses directement vers la sortie, sans temps de séjour et sans couche flottante. La mise en eau claire avant le premier service amorce le volume utile et crée la garde d'eau qui bloque les remontées d'odeur depuis le réseau.

Quels documents ouvrir le jour de la pose ?

Le procès-verbal de pose signé par l'installateur, la première ligne du registre d'entretien avec la date de mise en service et le débit maximal admissible du modèle, puis le classement du certificat de conformité, de la note de dimensionnement et de la facture dans une chemise conservée sur place.

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