Lave-vaisselle professionnel : quel impact sur le séparateur de graisse ?

Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse

Un lave-vaisselle professionnel raccordé au même départ que la plonge n'est pas un détail pour le séparateur de graisse : il ajoute un débit instantané au moment le plus chargé et suffit fréquemment à imposer le volume supérieur, sans qu'un seul couvert de plus ne soit servi. Voici pourquoi il pèse autant, comment la méthode le traduit et quand il fait basculer d'un modèle.

Pourquoi un lave-vaisselle pèse sur le débit de pointe

Un séparateur de graisse se dimensionne sur le débit de pointe, c'est-à-dire le flux maximal d'eaux grasses atteint au moment le plus chargé. Ce n'est pas le volume rejeté sur la journée qui décide, mais l'instant où le flux culmine, parce que c'est à cet instant que le temps de séjour de l'eau dans l'appareil devient critique, comme expliqué dans la taille nominale NS.

Or un lave-vaisselle professionnel est, par construction, une machine à concentrer le rejet dans le temps. Une plonge à la main étale l'écoulement sur toute la durée du nettoyage. Un lave-vaisselle à cycle court, lui, remplit sa cuve, lave, puis la vide d'un coup en quelques secondes. Chaque cycle produit une vague brève et intense qui s'ajoute au flux de la plonge. Sur un service, ces vagues répétées relèvent le débit de pointe bien au-delà de ce que le seul volume d'eau laisserait attendre.

C'est la différence entre un robinet ouvert en continu et un seau vidé d'un coup : le volume peut être identique, le débit instantané n'a rien à voir. Le séparateur voit passer le seau, pas la moyenne. C'est pourquoi la présence d'un lave-vaisselle professionnel figure explicitement parmi les six questions du calculateur.

Comment la méthode traduit l'apport du lave-vaisselle

La méthode NF EN 1825 prend en compte le lave-vaisselle de deux façons complémentaires. D'une part, son débit propre s'ajoute au débit de pointe de la plonge dans le calcul du débit dimensionnant. D'autre part, sur la lecture par couverts équivalents, la présence d'un lave-vaisselle raccordé majore le nombre de couverts pris en compte d'environ 15 pour cent.

Cette majoration de 15 pour cent est ce qui rend l'effet visible et vérifiable. Elle s'applique après le facteur détergents, sur les couverts déjà corrigés. Concrètement, un établissement passe de ses couverts réels à ses couverts équivalents par deux corrections successives : le facteur détergents d'abord, la surcharge lave-vaisselle ensuite.

CorrectionCoefficientSur 50 couverts réels
Aucune correction× 1,050 couverts équivalents
Détergents seuls× 1,365 couverts équivalents
Lave-vaisselle seul× 1,1558 couverts équivalents
Détergents et lave-vaisselle× 1,3 puis × 1,1575 couverts équivalents

On voit tout de suite l'ampleur de l'effet. Un même restaurant de 50 couverts glisse de 50 à 75 couverts équivalents selon qu'il emploie ou non détergents et lave-vaisselle. Cet écart de 25 couverts équivalents, obtenu sans servir un repas de plus, traverse deux plages de la grille. C'est toute la logique du dimensionnement sur le rejet, et non sur la fréquentation.

Un exemple déroulé, du 60 au 70 litres

Suivons un restaurant de quartier qui sert 50 couverts par jour en double service. Nous allons faire varier la seule présence du lave-vaisselle, en gardant tout le reste constant, pour isoler son effet.

Sans lave-vaisselle ni détergents. Les couverts équivalents restent à 50. La lecture de la grille donne la plage 40 à 60, soit le 60 L à 120 L/h et 459 euros HT.

Avec détergents seuls. Les couverts équivalents montent à 65, plage 60 à 90, soit le 70 L à 140 L/h et 499 euros HT. Le protocole de nettoyage fait déjà basculer d'un cran.

Avec détergents et lave-vaisselle. Les couverts équivalents atteignent 75, toujours dans la plage 60 à 90, donc le 70 L, mais désormais installés confortablement dans cette plage plutôt qu'à sa borne basse. La marge de séparation est meilleure, l'intervalle de vidange plus long.

ConfigurationCouverts équivalentsModèle retenuPrix HT
Ni détergents ni lave-vaisselle5060 L, 120 L/h459 €
Détergents seuls6570 L, 140 L/h499 €
Détergents et lave-vaisselle7570 L, 140 L/h499 €

La leçon est double. D'abord, le lave-vaisselle n'agit pas dans le vide : son effet dépend de la position de l'établissement dans sa plage. Ici, il ne fait pas franchir une nouvelle borne parce que les détergents avaient déjà consommé le saut. Ensuite, même sans changer de modèle, il consomme la marge : un 70 L qui reçoit 75 couverts équivalents est plus sollicité qu'un 70 L qui en reçoit 65. C'est précisément cette marge qui protège des pics et espace les vidanges.

Le cas où le lave-vaisselle change tout : l'ajout après coup

Le scénario le plus problématique n'est pas celui où l'on dimensionne avec le lave-vaisselle dès le départ, mais celui où on l'ajoute après. Un établissement qui a choisi son séparateur au plus juste, sans lave-vaisselle, puis en installe un six mois plus tard, se retrouve avec un appareil dont le débit admissible est désormais inférieur à son débit de pointe.

Prenons un restaurant de 45 couverts sans détergents, dimensionné sur le 60 L de la plage 40 à 60. Il fonctionne. Puis il raccorde un lave-vaisselle professionnel au même départ. Ses couverts équivalents passent à environ 52, toujours dans la plage 40 à 60, mais désormais dans sa partie haute. S'il ajoute aussi les détergents, il franchit la borne et bascule sur le 70 L. L'installation qui était conforme la veille ne l'est plus, et rien de visible n'a changé dans la cuisine.

C'est le motif de reclassement le plus fréquent en pratique, et il ne se voit que si le calcul est repris à chaque évolution. Le réflexe d'exploitant consiste à relancer le calculateur dès qu'un poste est ajouté, et à conserver le nouveau résultat daté à côté du précédent dans le dossier de conformité. Devant un contrôleur qui constate la présence d'un lave-vaisselle, un calcul daté qui en tient compte vaut mieux qu'une explication.

Un ou deux appareils, cuve chaude ou froide

Toutes les configurations de lave-vaisselle ne se valent pas, et il vaut la peine de préciser trois points avant la commande.

Le nombre d'appareils. Deux lave-vaisselle raccordés au même départ additionnent leurs débits instantanés, sans que les pics se compensent s'ils tournent en même temps. Cette configuration se traite au cas par cas, en tenant compte de la simultanéité réelle des cycles, plutôt qu'en additionnant mécaniquement deux résultats de calculateur.

Le type de machine. La méthode vise le lave-vaisselle professionnel à cycle court, celui qui vide une cuve d'un coup. Un appareil de type capot ou tunnel évacue à fort débit sur un cycle bref, ce qui maximise le pic. Un appareil domestique raccordé rejette un volume plus faible sur un cycle plus long : son impact est moindre, mais il reste à mentionner au calcul s'il est sur le même départ.

La température de rejet. Un lave-vaisselle rejette une eau très chaude. Or une graisse chaude est fluide et partiellement émulsionnée, donc elle remonte plus lentement en surface qu'une graisse déjà figée. Cet effet de température alourdit encore la séparation, ce qui renforce l'intérêt de prendre de la marge quand un lave-vaisselle est raccordé.

Ce que le lave-vaisselle ne dispense pas de faire

Un lave-vaisselle professionnel n'est pas un prétraitement des graisses. Il lave la vaisselle, il ne sépare rien. Trois précautions restent entières.

D'abord, racler les restes assiette avant de charger, faute de quoi les solides rejoignent le séparateur, accélèrent la décantation de fond et resserrent l'intervalle de vidange sans raison valable. Ensuite, ne jamais verser d'huile de friture usagée dans la plonge ou le lave-vaisselle : ces huiles relèvent d'une collecte séparée, comme rappelé dans la gestion des huiles usagées. Enfin, maintenir l'entretien du séparateur au rythme prévu : un lave-vaisselle qui charge davantage le séparateur en accélère l'encrassement, donc rapproche les vidanges.

Sur ce dernier point, le lien avec l'entretien est direct. Un séparateur plus sollicité voit sa couche flottante se reconstituer plus vite. Si l'intervalle de vidange n'est pas resserré en conséquence, le volume utile diminue, le temps de séjour tombe, et l'appareil se comporte comme un modèle plus petit. Le rythme à tenir est détaillé dans à quelle fréquence entretenir un séparateur de graisse.

Décider en trois vérifications

Face à un projet qui comporte un lave-vaisselle, trois vérifications suffisent à décider du modèle.

  1. Relancer le calcul avec le lave-vaisselle déclaré. Comparez le modèle obtenu à celui sans appareil. Si la borne est franchie, le choix est fait.
  2. Regarder la position dans la plage. Même sans franchir de borne, si les couverts équivalents dépassent 85 pour cent de l'étendue de la plage, montez d'un cran pour retrouver de la marge.
  3. Anticiper les évolutions. Si un lave-vaisselle est prévu à court terme sans être encore installé, dimensionnez sur la configuration cible, pas sur celle du premier mois. Le surcoût entre deux volumes voisins est sans commune mesure avec celui d'un remplacement anticipé.

La logique générale du choix de marge figure dans quelle capacité pour mon établissement, et les pièges de lecture dans couverts par jour ou litres, comment lire. Un doute sur l'impact d'un appareil précis ? Notre équipe technique tranche au 01 84 80 50 34.

Mesurer l'effet de votre lave-vaisselle. Le calculateur NF EN 1825 intègre la question du lave-vaisselle et affiche le modèle avec et sans. Repères par fréquentation : 50 couverts par jour, 80 couverts par jour. Les sept volumes sont dans le catalogue inox 304L.

Questions fréquentes

Un lave-vaisselle professionnel change-t-il le dimensionnement du séparateur ?

Oui, presque toujours. Il vide sa cuve d'un coup et ajoute son débit propre à celui de la plonge, au moment où celle-ci travaille. La méthode traduit cet apport par une majoration d'environ 15 pour cent des couverts pris en compte, souvent suffisante pour passer au volume supérieur.

Pourquoi un lave-vaisselle pèse-t-il autant sur le calcul ?

Parce qu'il concentre le rejet dans le temps. Une plonge à la main étale l'eau, un lave-vaisselle professionnel évacue sa cuve en quelques secondes, ce qui crée un pic de débit instantané. Or c'est le débit de pointe, et non le volume total, qui décide de la conformité du séparateur.

Faut-il un séparateur plus grand dès qu'on a un lave-vaisselle ?

Pas systématiquement, mais très souvent. Sur une activité déjà installée dans la partie haute de sa plage, l'apport du lave-vaisselle suffit à franchir la borne. Sur une activité en bas de plage, il peut rester dans le même modèle. Seul le calcul tranche, appareil par appareil.

Deux lave-vaisselle comptent-ils double ?

Ils alourdissent davantage le calcul, sans que les pics se compensent s'ils sont simultanés. Deux appareils raccordés au même départ additionnent leurs débits instantanés. Cette configuration se traite au cas par cas plutôt qu'en additionnant deux résultats de calculateur.

Le lave-vaisselle domestique compte-t-il pareil ?

Non, l'impact est moindre. La méthode vise le lave-vaisselle professionnel à cycle court, qui vide une cuve d'un coup à fort débit. Un appareil domestique rejette un volume plus faible sur un cycle plus long, mais s'il est raccordé au même départ, il reste à mentionner au calcul.

Faut-il déclarer le lave-vaisselle même si le séparateur paraît suffisant ?

Oui. Un poste raccordé et non déclaré fausse le calcul dans le sens du sous-dimensionnement. En contrôle, la présence d'un lave-vaisselle raccordé sans que la note de dimensionnement en tienne compte est un écart visible entre l'installation et sa justification.

Ajouter un lave-vaisselle après coup impose-t-il de changer le séparateur ?

Cela impose de refaire le calcul. Si le nouveau débit de pointe dépasse le débit admissible du modèle en place, il faut monter d'un volume. C'est le motif de reclassement le plus fréquent en pratique, et il ne se voit que si le calcul est repris à chaque évolution.

Comment savoir si mon lave-vaisselle fait basculer d'un modèle ?

En relançant le calculateur avec le lave-vaisselle déclaré et en comparant le modèle obtenu à celui sans appareil. La majoration d'environ 15 pour cent sur les couverts équivalents suffit à franchir une borne dès que l'activité est proche du haut de sa plage.

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