Séparateur de graisse : faut-il un siphon et un clapet anti-retour
Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse
Le siphon assure une garde d'eau qui isole la cuisine des gaz du réseau. Le clapet anti-retour empêche les eaux usées du réseau de remonter dans le bâtiment. Ce sont deux fonctions différentes. Le clapet ne se justifie que sous le niveau de refoulement, et il se pose en aval du séparateur de graisse.
Deux organes que l'on confond en permanence
La confusion est si répandue qu'elle se retrouve dans des devis rédigés par des professionnels. Elle vient de ce que les deux organes se posent au même endroit du réseau, sous une plonge ou dans un regard, et qu'ils sont tous les deux présentés comme protégeant la cuisine. Ils ne la protègent pas de la même chose.
Le siphon retient de l'eau. Sa géométrie ménage une hauteur d'eau permanente entre le local et la canalisation. Cette lame d'eau est une barrière physique que les gaz du réseau ne franchissent pas. Elle est passive et elle n'a aucune pièce mobile : tant que l'eau est là, la barrière tient. La valeur de référence retenue par les textes de plomberie sanitaire est de l'ordre de 50 mm, la NF EN 1253 étant la norme des siphons et avaloirs de sol pour bâtiments. Le siphon ne fait rien d'autre. Il ne retient pas les graisses, il ne s'oppose pas à un refoulement, il ne filtre rien.
Le clapet anti-retour est un organe mécanique. Il comporte un battant, un siège et parfois un dispositif de verrouillage manuel. Dans le sens normal, l'eau le pousse et passe. Dans le sens inverse, quand le réseau se met en charge et que l'eau tente de remonter vers le bâtiment, le battant vient plaquer sur son siège et ferme le passage. La NF EN 13564 est la norme des clapets anti-retour pour bâtiments, consacrée à la protection contre le refoulement des eaux usées. Le clapet ne traite pas les odeurs, ne remplace pas une garde d'eau et ne dispense d'aucun autre organe.
La conséquence pratique de cette distinction est directe. Une odeur en cuisine ne se traite jamais en posant un clapet. Un risque de refoulement ne se traite jamais en ajoutant un siphon. Poser le mauvais organe, c'est ajouter un point d'entretien à une installation sans avoir corrigé le problème qu'on voulait corriger. Les causes réelles d'odeur en cuisine sont détaillées dans l'article consacré aux odeurs, et aucune d'entre elles ne se résout par un clapet.
La règle du non-doublement des gardes d'eau en amont
C'est le point qui fait le plus de dégâts sur une ligne d'eaux grasses, et il est contre-intuitif. L'idée spontanée est que plus il y a de gardes d'eau, mieux la cuisine est protégée. Sur une ligne ordinaire, c'est au pire inutile. Sur une ligne d'eaux grasses, c'est nuisible.
Une garde d'eau est par construction un volume où l'eau ne circule pas librement. Elle comporte un point bas, un changement de direction et une zone où la vitesse tombe. Ce sont exactement les trois conditions qui font qu'une matière en suspension se dépose. Sur une eau claire, ce dépôt est négligeable. Sur une eau de plonge qui transporte de la graisse en train de refroidir, chaque garde d'eau supplémentaire devient un point de rétention où la graisse se fige avant même d'avoir atteint le séparateur de graisse.
Le résultat est doublement défavorable. D'un côté, la graisse retenue en amont n'est pas dans l'appareil, donc elle n'est pas enlevée lors de la vidange : elle reste dans la canalisation et réduit progressivement sa section jusqu'au bouchon. De l'autre, l'appareil reçoit une eau appauvrie en graisse mais une canalisation d'arrivée qui se bouche, ce qui donne la situation la plus déroutante à diagnostiquer : un séparateur de graisse propre et une ligne amont qui déborde.
Le mot important est supplémentaire. Il ne s'agit pas de supprimer la bonde de la plonge ni de laisser un départ ouvert sur la canalisation. Il s'agit de ne pas empiler les dispositifs : une bonde à garde d'eau, plus un siphon de meuble, plus un siphon de sol, plus l'appareil lui-même, cela fait quatre points de rétention en série pour une seule fonction utile. La configuration se règle au cas par cas avec l'installateur, en fonction de ce qui existe déjà et de la manière dont la chute est ventilée.
Où se place le siphon quand le séparateur de graisse est raccordé
La question change de nature dès que l'appareil est en place, et c'est ce que la plupart des schémas de principe n'expliquent pas.
Un séparateur de graisse fonctionne par différence de niveau entre son entrée et sa sortie. Sur l'ensemble de la gamme inox, la sortie est trente millimètres plus basse que l'entrée, du 30 L au 200 L, et c'est cette différence qui assure l'écoulement gravitaire à travers l'appareil. Entre les deux, la cuve reste en eau en permanence : l'entrée débouche dans un volume plein et la sortie est prise sous la surface. Autrement dit, l'appareil constitue lui-même une lame d'eau continue entre le local et le réseau. Il n'y a pas de communication d'air directe entre la plonge et la canalisation aval tant que l'appareil contient son volume d'eau.
Cela ne veut pas dire qu'un séparateur de graisse est un siphon au sens de la NF EN 1253, ni qu'il en porte les caractéristiques normalisées. Cela veut dire que sur le trajet considéré, la fonction de coupure d'air est déjà remplie, et que le débat porte donc sur les organes qui viendraient s'ajouter à celui-là, pas sur une ligne qui serait dépourvue de protection.
La règle d'implantation qui en découle est simple à énoncer. Le dispositif de garde d'eau se place au plus près du point de rejet, c'est-à-dire côté plonge, et une seule fois. Le tronçon entre ce point et le séparateur de graisse reste le plus court et le plus direct possible, sans point bas ni changement de direction inutile. Plus ce tronçon est long, plus les eaux refroidissent avant d'arriver et plus le risque de dépôt en amont augmente, comme le rappelle le catalogue des erreurs d'installation. La longueur, quand elle est inévitable, se réserve au tronçon aval, où l'eau circule déjà clarifiée.
Le niveau de refoulement, la seule donnée qui décide du clapet
Tout ce qui concerne le clapet se ramène à une seule cote, et cette cote ne se devine pas. Elle se demande.
Le niveau de refoulement est la hauteur jusqu'à laquelle les eaux usées sont susceptibles de remonter dans le réseau public quand celui-ci se met en charge. Une mise en charge arrive lors d'un orage sur un réseau unitaire, lors d'un dysfonctionnement d'un poste de relevage, lors de travaux sur le collecteur ou simplement lors d'un épisode de pluie intense sur un secteur dont les capacités sont dépassées. Cette cote est définie par le service d'assainissement, généralement en référence au niveau de la voirie au droit du branchement, et elle figure ou se fait confirmer dans le règlement d'assainissement du service local.
Le principe posé par la NF EN 13564 est que la protection contre le refoulement concerne les appareils situés sous le niveau de refoulement. Ce sont eux qui peuvent recevoir une remontée d'eaux usées. Les appareils situés au-dessus ne peuvent pas en recevoir, puisque l'eau ne monte pas plus haut que le niveau qui la définit. La deuxième moitié du principe est aussi importante que la première : le clapet ne doit pas condamner les appareils situés au-dessus du niveau de refoulement. Un clapet placé sur une antenne commune, qui se ferme pendant une mise en charge du réseau, bloque aussi l'écoulement gravitaire normal de tout ce qui est raccordé en amont, y compris les appareils qui n'avaient aucun besoin d'être protégés. Une cuisine de plain-pied qui ne peut plus vidanger ses plonges parce qu'un clapet posé pour un sous-sol s'est fermé, c'est un service perdu pour un organe qui ne servait pas à cet étage.
Le raisonnement à conduire est donc en deux temps, et il n'est pas interchangeable. Premier temps, obtenir la cote auprès du service d'assainissement. Deuxième temps, situer chaque appareil par rapport à elle et n'appareiller que la partie du réseau qui est réellement en dessous, en isolant si nécessaire cette partie du reste de la collecte.
Quelles configurations appellent un clapet et lesquelles n'en appellent pas
Ce tableau se lit d'abord par la colonne de gauche : identifiez votre configuration, puis lisez la conclusion et le point de vigilance associé. Aucune ligne ne dispense de faire confirmer la cote de refoulement, elles donnent l'issue la plus probable une fois cette cote connue.
| Configuration | Clapet | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Cuisine de plain-pied, appareils au-dessus du niveau de refoulement | Non justifié | Ne pas en poser par précaution, c'est un point d'entretien pour rien |
| Appareils situés sous le niveau de refoulement | Oui | Ne protéger que ce qui est en dessous, ne pas condamner les étages |
| Cuisine en sous-sol raccordée en gravitaire | Oui | Regard accessible, clapet en aval du séparateur de graisse |
| Local en contrebas de la voirie, plonge au ras du sol | Oui, à confirmer | Faire écrire la cote par le service d'assainissement avant travaux |
| Réseau unitaire connu pour se mettre en charge aux orages | Oui si appareils en dessous | Vérifier la ventilation en amont, un clapet fermé isole aussi l'air |
| Cuisine à l'étage, chute descendant vers le réseau | Non | Le sujet est la ventilation de la chute, pas le refoulement |
| Relevage par pompe après le séparateur de graisse | Selon l'équipement | Le clapet de la station ne protège pas forcément le bâtiment |
| Antenne commune desservant sous-sol et rez-de-chaussée | Oui, mais pas sur l'antenne | Isoler la partie basse pour ne pas bloquer la partie haute |
La ligne la plus utile de ce tableau est la première. Une part importante des clapets posés en cuisine professionnelle l'ont été sur des installations situées au-dessus du niveau de refoulement, c'est-à-dire sans exposition au risque qu'ils sont censés couvrir. Ils n'apportent alors rien et ajoutent un organe mobile sur une ligne qui se serait mieux portée sans lui.
Le clapet se pose en aval du séparateur de graisse, jamais en amont
Quand la pose est justifiée, la position sur le tracé n'est pas un détail d'exécution. C'est ce qui décide de la durée de vie de l'organe.
En amont du séparateur de graisse circule une eau de plonge chargée, chaude au moment du rejet et qui refroidit en chemin. C'est le pire environnement possible pour un battant mobile et un siège d'étanchéité. La graisse se dépose sur le siège, prend en refroidissant, et le battant finit par ne plus revenir à sa position de repos. Le clapet est alors soit bloqué ouvert, auquel cas il ne protège plus de rien tout en donnant l'illusion contraire, soit bloqué fermé, auquel cas il transforme la ligne en cul-de-sac et provoque un débordement dans la cuisine au premier service. Les deux défaillances sont silencieuses : rien ne les signale tant que l'événement ne se produit pas.
En aval du séparateur de graisse, la situation est différente. L'eau qui sort de l'appareil a laissé sa couche flottante et une partie de ses matières décantées derrière elle. Elle transporte encore des fines, mais pas la charge grasse qui fige. Le clapet travaille alors dans des conditions comparables à celles d'un réseau d'eaux usées ordinaire, ce pour quoi il a été conçu et essayé.
Il y a une deuxième raison, moins évidente. Placer le clapet en amont revient à mettre un point de restriction de section entre la plonge et l'appareil, sur le tronçon où l'on cherche précisément à ne rien ralentir. Or le débit maximal admissible d'un séparateur de graisse est une donnée d'appareil, de 60 L/h pour le 30 L à 400 L/h pour le 200 L, et ce débit suppose une arrivée qui ne bride pas l'écoulement. Un organe mobile en amont dégrade cette hypothèse.
La position à retenir est donc la suivante : plonge, puis séparateur de graisse, puis tronçon aval avec sa pente régulière de 2 % vers le réseau conformément au NF DTU 60.11, puis clapet dans un regard accessible, puis départ vers le réseau. Le diamètre 50 se conserve sur tout le tronçon aval, et le clapet ne doit pas introduire de réduction de section, ce qui se vérifie sur sa fiche technique avant commande. Le principe du non-rétrécissement en aval est développé dans l'article sur le diamètre de raccordement.
L'accessibilité n'est pas une commodité, c'est une condition de fonctionnement
La NF EN 13564 pose que le clapet doit rester accessible pour manoeuvre, contrôle et entretien. Ce n'est pas une recommandation de confort, et c'est le point sur lequel les installations existantes sont le plus souvent en défaut.
La manoeuvre d'abord. La plupart des clapets comportent un dispositif de fermeture manuelle, destiné à être verrouillé en cas d'alerte, de travaux annoncés sur le collecteur ou d'épisode météorologique connu. Un organe que l'on ne peut pas atteindre ne peut pas être manoeuvré, et cette fonction disparaît de fait.
Le contrôle ensuite. Un clapet est un organe mobile qui ne donne aucun signal de son état. Il ne fuit pas, ne fait pas de bruit, ne déclenche rien. Le seul moyen de savoir s'il fonctionne encore est de l'ouvrir et de regarder. Un clapet coulé dans une dalle ou enfermé sous un caisson de cuisine devient un organe dont personne ne connaît plus l'état, ce qui est fonctionnellement équivalent à ne pas en avoir.
L'entretien enfin. Le siège et le joint sont des surfaces qui s'encrassent et des pièces qui vieillissent. Elles se nettoient et se remplacent, à condition d'y accéder sans dépose de maçonnerie. La NF EN 476, qui donne les prescriptions générales des composants de branchements et de collecteurs, va dans le même sens sur l'accessibilité des regards : ce qui doit être entretenu doit être atteignable.
En pratique, cela signifie un regard de visite dimensionné et positionné pour l'opération, un tampon manoeuvrable par une seule personne, et un dégagement autour qui ne se remplit pas de stockage dans les mois qui suivent la mise en service. C'est la même logique que le dégagement de curage du séparateur de graisse : un accès qui devient pénible devient un accès qui n'est plus utilisé.
Un clapet sur une ligne d'eaux grasses est un point d'encrassement
Même correctement placé en aval, un clapet reste un obstacle dans une canalisation qui transporte des matières fines. Il faut l'assumer et le programmer, pas le découvrir.
Le siège du clapet est une portée d'étanchéité, donc une surface plane rencontrée par le flux. Les fines qui sortent du séparateur de graisse s'y accrochent, un dépôt se constitue lentement, et la fermeture perd son étanchéité avant de perdre sa mobilité. La dégradation est progressive et n'a aucun symptôme en exploitation courante, puisque dans le sens normal l'eau passe de toute façon.
L'entretien à mettre en place est donc calé sur celui de l'appareil, pas sur une échéance propre. À chaque vidange du séparateur de graisse, on ouvre le regard, on vérifie que le battant revient librement sur son siège quand on le soulève, on essuie le siège et le joint, on referme et on note l'opération. Trois minutes, à la suite d'une intervention déjà planifiée. Le registre d'entretien de l'installation est le bon endroit pour consigner ce contrôle : il devient une preuve de suivi au même titre que les bons de vidange, comme l'explique le mode d'emploi du registre.
La fréquence de vidange elle-même dépend du dimensionnement et de l'activité réelle. Un appareil sous-dimensionné se vidange plus souvent, donc son clapet aval se contrôle plus souvent, ce qui est un argument de plus pour ne pas rogner sur le volume au moment de la commande. Le calculateur NF EN 1825 donne le volume adapté à partir du nombre de couverts et du mode de production.
Clapet et ventilation : un organe fermé isole aussi l'air
C'est l'interaction que l'on oublie systématiquement, et elle explique des odeurs apparues sans cause apparente après la pose d'un clapet.
La NF EN 12056 traite des réseaux d'évacuation gravitaire à l'intérieur des bâtiments et distingue la ventilation primaire, qui est la prolongation de la chute au-dessus de la toiture, de la ventilation secondaire, qui est une colonne parallèle raccordée à la chute. Ces dispositifs ont une fonction précise : permettre à l'air d'entrer et de sortir librement pour que les variations de pression provoquées par les écoulements ne viennent pas aspirer ou refouler les gardes d'eau. Une garde d'eau soumise à une dépression se vide, c'est le désiphonnage, et l'odeur passe.
Un clapet anti-retour, quand il se ferme, coupe le passage de l'eau mais aussi celui de l'air. Si la ventilation du réseau se faisait en partie par ce chemin, elle s'interrompt en même temps. La conséquence est un réseau amont fermé sur lui-même pendant toute la durée de fermeture, dans lequel chaque vidange de plonge crée une variation de pression que rien ne compense. Les gardes d'eau du local se mettent alors à travailler, et l'odeur apparaît précisément le jour où l'organe censé protéger la cuisine fonctionne.
La règle à retenir est que la ventilation doit rester assurée en amont du clapet, indépendamment de lui. Si la chute est ventilée en primaire au-dessus de la toiture, ce point est réglé. Si elle ne l'est pas, ou si le clapet est posé sur un tronçon enterré sans reprise de ventilation, la question doit être traitée avant la pose et pas après. C'est un des cas où l'ordre des travaux compte : reprendre une ventilation après avoir refermé une tranchée coûte largement plus cher que de l'avoir prévue.
Sous-sol et local en contrebas : le cas qui justifie réellement le clapet
Les configurations où le clapet se justifie ont un point commun : la cuisine, ou une partie de ses appareils, se trouve physiquement plus bas que le point jusqu'auquel le réseau peut remonter.
La cuisine en sous-sol raccordée en gravitaire. C'est le cas type. Les appareils sont sous le niveau de refoulement par construction, et une mise en charge du réseau public remonte directement par les évacuations les plus basses, c'est-à-dire par les bondes de plonge et les siphons de sol. Le clapet se pose en aval du séparateur de graisse, dans un regard accessible depuis le local, et il ne doit desservir que la partie basse du réseau.
Le local en contrebas de la voirie. Moins évident parce que le local n'est pas perçu comme un sous-sol, mais le raisonnement est le même : si le sol fini est sous la cote de refoulement, l'exposition existe. C'est typiquement le cas des locaux commerciaux dont l'accès se fait par deux ou trois marches descendantes, une configuration fréquente dans les centres anciens.
Le relevage par pompe. Quand le rejet ne peut pas se faire en gravitaire, une station de relevage est installée après le séparateur de graisse. Ces stations comportent presque toujours un clapet sur leur refoulement, mais ce clapet protège la pompe et le circuit de la station, pas nécessairement les appareils du bâtiment. La question doit être posée à l'installateur de la station, pas supposée résolue.
L'antenne commune. C'est le piège d'exécution le plus courant en immeuble. Un clapet posé sur l'antenne qui dessert à la fois le sous-sol et le rez-de-chaussée protège bien le sous-sol, mais il bloque le rez-de-chaussée à chaque fermeture. La solution consiste à isoler la partie basse sur son propre tronçon et à n'appareiller que celui-là, ce qui suppose une reprise de collecte et se décide au stade du plan, pas en cours de pose.
Décider et poser un clapet, étape par étape
La séquence commence par un appel téléphonique et pas par un achat de matériel. C'est l'ordre qui garantit que l'organe posé correspond à un risque réel et qu'il ne pénalisera pas le reste de l'installation.
- Identifier le niveau de refoulement. Demandez la cote au service d'assainissement de la collectivité, en précisant l'adresse et le point de branchement. Faites-la confirmer par écrit et conservez la réponse avec le dossier de conformité : c'est la pièce qui justifiera plus tard la présence ou l'absence de clapet.
- Relever la cote de chaque appareil concerné. Bondes de plonge, siphons de sol, sortie du séparateur de graisse, point de raccordement au départ général. Comparez chaque valeur au niveau de refoulement pour établir la liste exacte de ce qui est exposé et de ce qui ne l'est pas.
- Consulter le règlement d'assainissement du service local. Il peut imposer des dispositions plus contraignantes que le principe général, notamment sur les secteurs en réseau unitaire. Le règlement local prévaut sur toute règle générale, et c'est lui qui sera opposé en cas de contrôle.
- Décider du périmètre à protéger. Tracez sur le plan la limite entre la partie du réseau située sous le niveau de refoulement et le reste. Le clapet ne doit couvrir que la première, sans quoi il condamnera des appareils qui n'avaient pas besoin de lui.
- Vérifier la ventilation en amont. Assurez-vous que la chute concernée est ventilée indépendamment du clapet, en primaire au-dessus de la toiture ou en secondaire par colonne parallèle au sens de la NF EN 12056. Si ce n'est pas le cas, la reprise de ventilation se traite maintenant.
- Choisir le clapet et son emplacement. Un modèle conforme à la NF EN 13564, avec dispositif de manoeuvre manuelle, dont la section ne réduit pas le diamètre du tronçon aval. L'emplacement retenu est en aval du séparateur de graisse, dans un regard de visite, jamais entre la plonge et l'appareil.
- Préparer le regard d'accès. Tampon manoeuvrable par une seule personne, dégagement suffisant pour ouvrir, éclairer et intervenir. Un regard prévu pour l'exploitation et pas seulement pour la pose, dans l'esprit de l'accessibilité des regards visée par la NF EN 476.
- Poser et essayer dans les deux sens. Écoulement normal en charge d'abord, pour vérifier qu'il n'y a ni ralentissement ni rétention en amont. Manoeuvre du dispositif de fermeture ensuite, pour vérifier qu'il se verrouille et se déverrouille sans forcer.
- Inscrire le contrôle au registre. Le clapet rejoint la liste des points vérifiés à chaque vidange du séparateur de graisse. Consignez sa présence, sa position sur le tracé, sa référence et la date de mise en service : c'est ce qui permettra à un autre intervenant de savoir qu'il existe.
Ce qu'il ne faut pas faire
Un seul mauvais réflexe résume l'essentiel des installations à reprendre : poser un clapet par précaution, sans avoir identifié de niveau de refoulement.
Ce réflexe est compréhensible. Le clapet coûte peu, il paraît sans inconvénient, et l'idée de se prémunir contre un refoulement est rassurante. Le problème est qu'il n'est pas sans inconvénient. Il ajoute un organe mobile sur une ligne qui n'en comportait pas, un point d'encrassement sur un réseau d'eaux grasses, un point d'entretien qui ne sera pas fait puisque personne ne saura pourquoi il est là, et le cas échéant une coupure de ventilation. Il introduit aussi un risque nouveau, celui du blocage en position fermée, qui produit un débordement dans la cuisine alors qu'aucun refoulement n'avait eu lieu.
Trois autres erreurs reviennent régulièrement et méritent d'être nommées. Poser le clapet en amont du séparateur de graisse, qui condamne l'organe en quelques semaines de service. Multiplier les gardes d'eau en amont dans l'idée de mieux protéger la cuisine, ce qui déplace le dépôt de graisse dans la canalisation au lieu de le concentrer dans l'appareil où il sera enlevé. Rendre le clapet inaccessible en le noyant dans une dalle ou en le refermant sous un caisson, ce qui supprime la manoeuvre, le contrôle et l'entretien d'un seul geste.
La bonne démarche tient en une phrase : on part de la cote de refoulement, on en déduit le périmètre exposé, et on n'appareille que ce périmètre. Tout le reste découle de là, y compris la décision de ne rien poser. Une installation de plain-pied située au-dessus du niveau de refoulement, avec un séparateur de graisse correctement dimensionné, une pente régulière de 2 % et une ventilation conforme, n'a besoin d'aucun clapet, et c'est un résultat normal.
Ce que cela change au moment de la commande
Ces questions se tranchent avant l'achat, parce qu'elles conditionnent le tracé aval et l'implantation de l'appareil, donc parfois le modèle retenu.
Le volume se détermine d'abord, sur la base de l'activité réelle et non d'une estimation. Un établissement qui sert de l'ordre de quatre-vingts couverts par jour ne se traite pas comme un établissement qui en sert deux cents, et la page dédiée à cette tranche de couverts donne le volume correspondant et le débit associé. Les modèles de 30 L à 100 L s'implantent sous plonge, les 120 L et 200 L se posent au sol, ce qui change complètement la question du regard aval et de son accessibilité.
Vient ensuite le tracé. Longueur du tronçon aval, pente régulière de 2 % vers le réseau selon le NF DTU 60.11, nombre de changements de direction, position du regard si un clapet est justifié. Ce tracé se dessine avant la pose, sur la base des cotes de fil d'eau du modèle retenu, et la séquence complète figure dans le guide de pose en sept étapes.
Une configuration particulière, un local en contrebas, une antenne partagée avec d'autres occupants ou un doute sur la cote de refoulement ? Décrivez la situation à notre équipe technique au 01 84 80 50 34 avant de commander, plutôt que de faire arbitrer un plombier le jour de l'intervention.
Questions fréquentes
Faut-il un siphon en plus du séparateur de graisse ?
Le séparateur de graisse assure lui-même une lame d'eau permanente entre son entrée et sa sortie, ce qui remplit la fonction de garde d'eau sur la ligne. Ajouter un siphon supplémentaire en amont crée un point de rétention où la graisse se dépose avant d'atteindre l'appareil. La configuration se tranche avec l'installateur selon la ventilation de la chute.
Quelle est la différence entre un siphon et un clapet anti-retour ?
Le siphon retient une hauteur d'eau qui bloque le passage des gaz du réseau vers la cuisine. Le clapet anti-retour est un organe mécanique qui laisse passer l'eau vers le réseau et se ferme quand elle tente de revenir. L'un traite les odeurs, l'autre traite le refoulement. Ils ne se remplacent pas.
Qu'est-ce que le niveau de refoulement ?
C'est la cote jusqu'à laquelle les eaux usées peuvent remonter dans le réseau public en cas de mise en charge. Elle est fixée par le service d'assainissement, souvent en référence au niveau de la voirie au droit du branchement. Tout appareil situé sous cette cote est exposé, tout appareil situé au-dessus ne l'est pas.
Où faut-il poser le clapet anti-retour par rapport au séparateur ?
En aval de l'appareil, sur le tronçon qui part vers le réseau, et jamais entre la plonge et le séparateur. Posé en amont, le clapet reçoit des eaux chargées en graisse à chaque service, s'encrasse en quelques semaines et cesse de fermer. En aval, il ne voit que de l'eau clarifiée.
Un clapet anti-retour est-il obligatoire dans une cuisine professionnelle ?
Il n'y a pas d'obligation générale liée à l'activité de restauration. L'obligation vient de la position des appareils par rapport au niveau de refoulement et de ce que prescrit le règlement d'assainissement du service local. Un local de plain-pied situé au-dessus de cette cote n'a pas de motif technique d'en recevoir un.
Comment entretenir un clapet anti-retour sur une ligne d'eaux grasses ?
Par un contrôle visuel programmé, à la même fréquence que la vidange du séparateur de graisse. On ouvre le tampon, on vérifie que le battant revient librement sur son siège, on nettoie le siège et le joint, on referme. Un clapet qui n'est jamais ouvert finit bloqué en position ouverte ou fermée.
Un clapet peut-il provoquer des odeurs ou du désiphonnage ?
Oui, parce qu'un clapet fermé isole aussi l'air de la canalisation. La ventilation de la chute, primaire ou secondaire au sens de la NF EN 12056, doit rester assurée en amont du clapet. Sans cela, les variations de pression se reportent sur les gardes d'eau et l'odeur apparaît en cuisine.
Que prévoir pour une cuisine installée en sous-sol ?
Un sous-sol est presque toujours sous le niveau de refoulement, donc concerné. Il faut faire confirmer la cote par le service d'assainissement, poser le clapet en aval du séparateur de graisse dans un regard accessible, et vérifier que les appareils situés aux étages supérieurs ne se retrouvent pas condamnés par ce clapet.





























