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NF EN 1825 : le guide complet de la norme et de la formule NS = Qs x ft x fd x fr

Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse, publié le

Séparateurs de graisse inox 304L, du 30 au 200 L, de 295 € à 1 049 € HT. En stock, expédié le jour même pour une commande passée avant midi.

Guide de référence : séparateur de graisse obligatoire : la réglementation complète.

NF EN 1825 se lit en deux temps. La partie 1 dit ce qu'un séparateur de graisse doit être : principe de séparation, étanchéité, matériaux, essais. La partie 2 dit comment choisir sa taille, par la formule NS = Qs x ft x fd x fr. Satisfaire une seule des deux parties ne suffit jamais.

Que fixe la partie 1, et qu'est-ce qu'elle ne traite pas ?

La première partie s'intéresse à l'objet, pas à votre cuisine. Elle répond à une question de fabricant : à quelles conditions un équipement peut-il être présenté comme un séparateur de graisse. Trois blocs d'exigences y répondent.

Le principe de fonctionnement. La séparation est gravitaire. Les matières grasses alimentaires ont une densité inférieure à celle de l'eau : ralenties suffisamment longtemps, elles remontent et forment une couche flottante, pendant que les particules lourdes se déposent au fond. L'eau clarifiée s'échappe par un départ pris entre les deux, sous la couche de graisse et au-dessus des boues. Toute la géométrie interne découle de ce mécanisme : une entrée qui casse la vitesse du flux sans remettre en suspension ce qui a déjà décanté, un volume utile qui donne du temps, une sortie placée en zone intermédiaire.

Les exigences de fabrication. Étanchéité de la cuve et du couvercle, tenue des matériaux au contact permanent de graisses chaudes et de produits lessiviels, résistance aux rejets de plonge, accès direct à la totalité du volume pour le curage. Ce dernier point n'est pas cosmétique : un appareil dont une partie du volume reste inaccessible accumule des dépôts que personne ne retire, et sa capacité réelle diminue mois après mois. C'est aussi ce qui impose un couvercle démontable avec joint plutôt qu'une cuve fermée.

Les essais. La partie 1 décrit comment vérifier ces caractéristiques en laboratoire, ce qui donne à la conformité un contenu vérifiable plutôt qu'une déclaration commerciale. C'est la raison pour laquelle un certificat qui nomme un modèle a de la valeur, là où une mention générale de conformité aux normes en vigueur n'en a aucune.

Vient maintenant la partie la plus utile à retenir : ce que cette première partie ne dit pas. Elle ne dit rien de la taille qu'il vous faut. Elle ne dit rien de la façon de poser l'appareil, ni de la pente de l'évacuation, ni du raccordement de vos postes. Elle ne dit rien de la fréquence de vidange. Un équipement peut satisfaire intégralement la partie 1, être posé chez vous, et vous laisser en situation de non-conformité le jour d'un contrôle. Le choix de l'inox 304L pour nos sept volumes répond aux exigences de matériau de cette partie, sujet développé dans inox 304L ou plastique, mais il ne préjuge en rien du volume à retenir.

Que règle la partie 2, et pourquoi c'est elle qui décide de votre achat ?

La seconde partie change complètement de point de vue. Elle ne parle plus du produit mais de votre exploitation, et elle traite trois sujets : le dimensionnement, le choix de la taille nominale, puis l'installation et l'exploitation de l'appareil.

Son coeur est la taille nominale NS, exprimée en litres par seconde. Il faut insister sur ce point parce qu'il est à l'origine de la moitié des erreurs de choix : NS n'est pas une contenance. C'est un débit, c'est-à-dire la quantité d'eaux grasses que l'appareil accepte de traiter par unité de temps en conservant un temps de séjour suffisant pour que la séparation se produise. Deux cuves de contenance identique mais de géométrie différente n'ont pas nécessairement la même taille nominale.

La formule qui la détermine est NS = Qs x ft x fd x fr. Elle se lit de gauche à droite comme une chaîne : un débit de base, issu de votre activité, que trois facteurs correctifs viennent ensuite majorer en fonction des conditions dans lesquelles ce débit arrive. Aucun de ces facteurs ne réduit le résultat. Ils valent 1,0 ou davantage, jamais moins. Dimensionner, c'est donc partir du débit réel puis ajouter des marges pour les conditions qui dégradent la séparation.

La partie 2 traite aussi l'installation et l'exploitation, ce qu'on oublie souvent. C'est elle qui rappelle qu'un appareil correctement dimensionné mais mal implanté ou jamais curé cesse de remplir sa fonction. La norme relie donc bien le calcul à la vie courante de la cuisine, et c'est cette continuité que le contrôleur vient vérifier.

Comment se construit Qs, le débit de pointe de votre cuisine ?

Qs est le terme lourd de la formule. Les trois facteurs qui suivent ne font que le corriger à la marge ; c'est lui qui fixe l'ordre de grandeur. Dans la méthode des repas, il se construit à partir de quatre entrées : Qs = repas par jour x V x F ÷ (3 600 x t), en litres par seconde. Notre calculateur de capacité ne fait pas ce calcul : il part des couverts par jour.

Entrée du calculCe qu'elle traduitValeurs du guide CNIDEP 2006
Volume d'eau par repas VLa quantité d'eau grasse produite pour un couvert servi10 L cantine, 20 L établissement ouvert 24 h sur 24, 50 L restaurant, 100 L hôtel
Nombre de repas servisLe volume d'activité réel, pas le nombre de places assisesRepas servis par jour
Durée tLa durée moyenne de fonctionnement journalier, en heures12 h dans l'exemple du guide, un restaurant ouvert de 11 h à 23 h
Coefficient de pointe FLa concentration du flux en fin de service22,0 établissement ouvert 24 h sur 24, 20,0 cantine, 8,5 restaurant, 5,0 hôtel

Le volume d'eau par repas

C'est le paramètre qui écarte le plus deux établissements de même fréquentation. Entre une cantine à 10 litres par repas et un hôtel avec room service à 100 litres, le rapport est de un à dix pour un nombre de couverts identique. Un exploitant qui raisonne uniquement en couverts se trompe donc de grandeur, et généralement par le bas. La comparaison entre les deux façons de raisonner est détaillée dans dimensionner en couverts ou en litres.

La durée de service

Elle joue en sens inverse et son effet est massif. Le même volume total d'eau, comprimé sur 6 heures au lieu de 10, produit un débit instantané nettement plus élevé. Une brasserie qui passe d'un service unique à deux services voit ainsi son débit de pointe se détendre, à couverts constants, parce que la charge s'étale. À l'inverse, un établissement qui concentre toute sa production sur un seul service génère un pic bref et violent, exactement ce que le séparateur de graisse encaisse le plus mal.

Le coefficient de pointe

Il traduit un fait d'exploitation simple : les eaux grasses n'arrivent pas de façon régulière au fil de la journée, elles arrivent par vagues. Une cantine sert tout son effectif sur une plage très courte et débarrasse en une seule fois, ce qui lui vaut un coefficient de 20,0. Un hôtel étale ses rejets sur toute la journée et présente le coefficient le plus faible, 5,0. Le restaurant se situe entre les deux, à 8,5 ; le guide ne chiffre ni le fast-food, ni la boulangerie, ni le traiteur. C'est ce coefficient qui explique qu'un débit moyen calculé de tête soit toujours trompeur : ce n'est pas la moyenne qui sature un appareil, c'est le pic.

Les appareils raccordés

Un lave-vaisselle professionnel raccordé au même départ relève de la méthode par appareils : 2,0 L/s par appareil, soit 1,2 L/s pour un appareil seul, et le guide CNIDEP 2006 retient la plus haute des deux méthodes, sans les additionner. Notre calculateur, lui, majore les couverts de 15 %. Ce n'est pas un poste marginal : la machine vide sa cuve d'un seul coup, à intervalle court, et le fait précisément pendant le pic de plonge. Deux appareils raccordés pèsent davantage encore. C'est le motif le plus fréquent de passage au volume supérieur alors que le nombre de couverts n'a pas bougé.

Que représentent ft, fd et fr, et pourquoi fr = 1,3 change le résultat ?

Les trois facteurs qui suivent Qs ont la même fonction : compenser des conditions qui dégradent la séparation gravitaire. Ils ne modifient pas la quantité d'eau, ils modifient la difficulté à en extraire les graisses.

ft, le facteur de température. Les graisses chaudes restent liquides et se comportent différemment de graisses figées. Ce facteur existe pour couvrir des rejets atypiques par leur température. Le guide CNIDEP 2006 le fixe à 1,3 pour des eaux au-dessus de 60 °C et à 1,0 sinon. Notre calculateur ne le calcule pas.

fd, le facteur de densité. Toute la séparation repose sur l'écart de densité entre l'eau et les matières grasses. Plus cet écart est faible, plus la remontée est lente et plus il faut de temps, donc de volume. Ce facteur couvre les rejets dont la nature s'écarte des graisses alimentaires courantes. Le guide CNIDEP 2006 le prend à 1,0.

fr, le facteur lié aux détergents. Celui-là n'est pas théorique, et c'est le seul des trois qui bouge dans la vie réelle d'une cuisine. Les produits lessiviels et désinfectants sont des émulsifiants : ils dispersent les graisses en fines gouttelettes stabilisées dans l'eau. Or une gouttelette émulsionnée ne remonte pas, ou remonte beaucoup trop lentement pour le temps de séjour disponible. Le mécanisme même sur lequel repose l'appareil se trouve neutralisé pendant la phase de nettoyage, c'est-à-dire au moment où le flux gras est le plus chargé. Le guide CNIDEP 2006 retient fr = 1,3 dès que ces produits sont utilisés, toujours ou occasionnellement, et fr = 1,0 s'ils ne le sont jamais. Notre calculateur, lui, majore les couverts de 30 % en cas d'usage régulier.

Concrètement, cette majoration signifie que le débit à traiter est réputé supérieur de 30 % à celui que la cuisine produit réellement. C'est considérable : dans notre calculateur, la même majoration sur les couverts suffit souvent à changer de plage, par exemple de 120 couverts, dans la plage 90 à 140 du 100 L, à 156 couverts équivalents, dans la plage 140 à 220 du 120 L. Appliquer ou non cette majoration déplace donc fréquemment le résultat d'un cran, parfois de deux quand un lave-vaisselle s'ajoute. Et comme une plonge professionnelle sans produit lessiviel n'existe pas, la valeur 1,3 est le cas courant, pas l'exception.

Comment passe-t-on de la taille nominale au produit du catalogue ?

La taille nominale n'est pas ce que vous commandez. Ce que vous commandez, c'est un volume utile auquel le fabricant associe un débit maximal admissible, exprimé en litres par heure. Nos modèles, eux, se choisissent sur leur plage de couverts par jour : notre calculateur retient le premier modèle dont le haut de plage atteint vos couverts équivalents, et passe au volume supérieur si ce total remplit la plage à 85 % ou plus.

VolumeDébit maximal admissibleCouverts par jourPrix HTRaccord
30 L60 L/h (0,06 m3/h)15 à 25295 €Ø 50 mm
40 L80 L/h (0,08 m3/h)25 à 40345 €Ø 50 mm
60 L120 L/h (0,12 m3/h)40 à 60459 €Ø 50 mm
70 L140 L/h (0,14 m3/h)60 à 90499 €Ø 50 mm
100 L200 L/h (0,20 m3/h)90 à 140639 €Ø 50 mm
120 L240 L/h (0,24 m3/h)140 à 220799 €Ø 50 mm
200 L400 L/h (0,40 m3/h)250 à 4001 049 €Ø 50 mm

Ce tableau se lit par la colonne des couverts : c'est elle que notre calculateur utilise, après majoration pour les détergents et le lave-vaisselle. Les débits en litres par heure sont ceux du fabricant, donnés pour information. Cette grille ne remplace pas un calcul selon la NF EN 1825-2 : elle ne tient compte ni du volume d'eau par repas, ni de la durée, ni du coefficient de pointe. Une cantine à 10 litres par repas et un hôtel à 100 litres n'ont pas la même taille nominale à couverts égaux, et seule la formule la donne.

Deux réflexes découlent de cette lecture. Le premier : quand votre activité tombe exactement à la borne entre deux plages, retenez le volume supérieur. La marge absorbe les jours de forte affluence et espace les vidanges, alors qu'un appareil pris au ras de son débit maximal sature au premier pic. Le second : ne raisonnez jamais sur la contenance seule. Un appareil plus volumineux mais mal proportionné n'accepte pas nécessairement un débit plus élevé, c'est la fiche technique qui fait foi. Les sept modèles et leurs caractéristiques complètes figurent dans le catalogue inox 304L.

À quoi ressemble le calcul déroulé sur deux établissements ?

Deux cas suffisent à montrer comment les termes interagissent, et pourquoi deux exploitations aux chiffres opposés peuvent converger vers des volumes proches. On déroule chaque étape de la méthode des repas de la NF EN 1825-2 (guide CNIDEP 2006), puis on indique le modèle que notre calculateur conseille à partir des couverts équivalents. Les deux raisonnements sont distincts.

Cas 1 : une brasserie de 120 couverts par jour

  1. Le profil fixe le volume d'eau par repas. Brasserie, donc la valeur du restaurant, 50 litres par repas. Sur 120 couverts, cela porte le volume journalier d'eaux grasses à 120 x 50 litres, soit 6 000 litres. Ce chiffre n'est pas le débit de pointe, c'est la matière première du calcul.
  2. Le rythme de service fixe la durée. Midi et soir : on retient ici t = 10 heures, hypothèse de l'exemple. Le même établissement en service unique, avec t = 6 heures par exemple, aurait un débit de pointe nettement plus élevé pour un volume journalier identique.
  3. Le coefficient de pointe s'applique. Restaurant, donc F = 8,5. Il traduit le fait que ces 6 000 litres n'arrivent pas régulièrement mais par deux vagues. On obtient Qs = 6 000 x 8,5 ÷ (3 600 x 10), soit environ 1,42 litre par seconde.
  4. Le lave-vaisselle se compare, il ne s'ajoute pas. La méthode par appareils donne 1,2 litre par seconde pour un appareil seul, moins que 1,42 : on garde la méthode des repas.
  5. Le facteur détergents majore le total. Usage régulier en plonge et en laverie, donc fr = 1,3. Avec des eaux à 60 °C au plus, ft = 1,0, et fd = 1,0 : NS = 1,42 x 1,3, soit environ 1,84, d'où la taille nominale 2.
  6. Notre calculateur raisonne sur les couverts. Sans majoration, 120 couverts placent l'établissement dans la plage 90 à 140 couverts, soit le 100 L à 639 euros HT. Avec le lave-vaisselle et les détergents, 120 x 1,3 x 1,15 donne 179 couverts équivalents, dans la plage 140 à 220, soit le 120 L à 799 euros HT.

L'écart entre les deux modèles ne vient d'aucun couvert supplémentaire. Il vient de deux conditions d'exploitation, dont l'une, l'usage de détergents, est parfaitement banale. La partie 2 les capte aussi, par le facteur fr et la méthode par appareils.

Cas 2 : une cantine scolaire de 300 couverts par jour

  1. Le profil fixe le volume d'eau par repas. Cantine, donc 10 litres par repas. Sur 300 couverts, le volume journalier ressort à 300 x 10 litres, soit 3 000 litres. Deux fois et demie moins que la brasserie, pour deux fois et demie plus de couverts.
  2. La durée de service est courte. Service unique : on retient ici t = 6 heures, hypothèse de l'exemple. Le volume est plus faible mais il arrive sur une plage presque réduite de moitié par rapport au cas précédent.
  3. Le coefficient de pointe est élevé. Cantine, donc F = 20,0 : tout l'effectif passe en une vague et la laverie encaisse le débarrassage en bloc. On obtient Qs = 3 000 x 20,0 ÷ (3 600 x 6), soit environ 2,78 litres par seconde. Ce terme redresse un volume journalier apparemment modeste vers un débit de pointe important.
  4. La laverie se compare, elle ne s'ajoute pas. Une machine à capot raccordée au même départ compte 1,2 litre par seconde par la méthode par appareils, moins que 2,78 : on garde la méthode des repas.
  5. Le facteur détergents s'applique aussi. Usage régulier, donc fr = 1,3. Avec des eaux à 60 °C au plus, ft = 1,0, et fd = 1,0 : NS = 2,78 x 1,3, soit environ 3,61, d'où la taille nominale 4.
  6. Notre calculateur raisonne sur les couverts. 300 couverts placent l'établissement dans la plage 250 à 400 couverts, soit le 200 L, le plus grand des sept volumes, à 1 049 euros HT. Avec le lave-vaisselle et les détergents, 300 x 1,3 x 1,15 donne 449 couverts équivalents : au-delà de 400, le choix se fait par une étude au cas par cas.

La leçon de ce rapprochement tient en une phrase : dans la méthode de la norme, le nombre de couverts, pris seul, ne dit rien. Une brasserie de 120 couverts produit deux fois plus d'eaux grasses qu'une cantine de 300, et pourtant c'est la cantine qui obtient la plus grande taille nominale, parce que son coefficient de pointe est plus élevé, 20,0 contre 8,5, et sa durée retenue plus courte. Le raisonnement palier par palier est repris sur la page séparateur de graisse pour 300 couverts par jour, et le calculateur affiche, dans son détail du calcul, vos couverts équivalents et la plage du modèle conseillé.

Quelles erreurs de lecture de la norme coûtent le plus cher ?

Trois situations reviennent constamment, et elles ont en commun de laisser l'exploitant convaincu d'être en règle.

Conforme en conception, sous-dimensionné en exploitation. C'est le cas le plus fréquent et le plus coûteux. L'appareil est conçu selon la partie 1, le certificat existe, la facture aussi. Mais la taille nominale de l'appareil est inférieure à celle que donne le calcul. Le temps de séjour devient trop court, les graisses n'ont pas le temps de remonter et repartent au réseau. Rien ne se voit pendant des mois, jusqu'à l'obstruction du collecteur ou le prélèvement en sortie. Le remède est simple mais suppose d'y penser : confronter la taille nominale du modèle installé à celle d'un calcul refait selon la NF EN 1825-2, et non se rassurer sur la seule présence du certificat.

Le raccordement partiel. Un appareil correctement dimensionné mais alimenté par une seule des deux plonges ne traite que la moitié du flux. La situation naît presque toujours d'une reprise de local, où l'on branche le nouvel équipement sur le départ existant sans reprendre le circuit. Le calcul de la partie 2 porte sur l'intégralité des eaux grasses de la cuisine : plonge batterie, plonge légumes, lave-vaisselle, siphons de sol de la zone chaude. Ce qui n'est pas raccordé n'est pas traité, et le contrôle regarde le schéma, pas seulement l'appareil. Les points de reprise sont détaillés dans l'installation en sept étapes.

L'activité qui a grossi depuis le calcul. Une taille nominale se calcule sur une activité déclarée à un instant donné. Passer d'un service à deux, ouvrir une terrasse, ajouter une friteuse, raccorder un second lave-vaisselle ou basculer d'une carte froide à une carte de grillades modifie Qs sans qu'aucun document ne devienne faux pour autant. L'appareil d'origine devient sous-dimensionné alors que rien n'a physiquement bougé dans le local. Le réflexe consiste à refaire le calcul à chaque évolution notable et à archiver la nouvelle note datée à côté de la précédente.

Une quatrième erreur, plus discrète, mérite d'être citée : prendre une grille de couverts pour un calcul de taille nominale. Une grille de couverts, comme celle de notre calculateur, sert à choisir un modèle. Elle ne donne pas la NS qu'exige un dossier, qui dépend du volume d'eau par repas, du coefficient de pointe et de la durée. La mécanique de la taille nominale est reprise en détail dans comprendre la taille nominale NS.

Ce que NF EN 1825 ne dit pas et qui vous sera demandé quand même

C'est le point aveugle le plus fréquent. NF EN 1825 est une norme de conception et de dimensionnement. Elle ne crée pas l'obligation d'installer un séparateur de graisse, elle définit ce qu'est un séparateur de graisse acceptable une fois que l'obligation existe. L'obligation, elle, vient d'ailleurs : du règlement sanitaire départemental, qui interdit d'introduire au réseau des matières susceptibles de nuire à son fonctionnement, du règlement d'assainissement de votre collectivité, et de l'article L.1331-10 du Code de la santé publique, qui soumet tout déversement d'eaux usées autres que domestiques à une autorisation préalable de la collectivité propriétaire du réseau.

Elle ne fixe pas non plus votre calendrier de vidange. Notre recommandation d'exploitation est d'une vidange toutes les 6 à 8 semaines, avec un retrait des graisses de surface plus fréquent si la couche de graisse se reconstitue vite, mais c'est une pratique d'exploitation et non une prescription normative. Ce qui fait référence en la matière, c'est votre règlement d'assainissement et les conditions inscrites dans votre autorisation de déversement.

Elle ne dit rien du contenu de votre dossier. Un contrôleur attend en pratique l'autorisation de déversement, la note de dimensionnement datée, le certificat de conformité du modèle, le procès-verbal de pose et le registre d'entretien tenu à jour. La note de dimensionnement est celle qui manque le plus souvent, alors que c'est la seule pièce qui démontre que la formule a réellement été appliquée à votre cuisine. Le contenu de chacune est détaillé dans les documents de conformité.

Elle ne dit rien, enfin, de la plomberie qui l'entoure. Le dimensionnement des évacuations, la ventilation des chutes, la garde d'eau des siphons et la pente d'écoulement relèvent du NF DTU 60.11. Une cuve conforme posée hors niveau, avec l'entrée et la sortie inversées ou sur une évacuation en contre-pente, ne sépare plus rien. La pente retenue par le site est de 2 % vers le réseau, avec un raccord Ø 50 mm sur les sept modèles.

Que faire cette semaine avec ce que vous venez de lire ?

Cinq actions, dans cet ordre, suffisent à passer d'une conformité supposée à une conformité démontrable.

  1. Relevez les entrées réelles du calcul. Couverts servis un jour de forte affluence, profil d'activité, nombre de services, appareils raccordés au même départ, usage ou non de produits lessiviels réguliers. Cinq lignes sur une feuille, prises sur la réalité de la cuisine et non sur le nombre de places assises.
  2. Passez-les dans le calculateur. Notez les couverts équivalents et le modèle conseillé. Pour la taille nominale NS, appliquez la méthode des repas de la NF EN 1825-2 décrite plus haut.
  3. Confrontez au matériel installé. Retrouvez la taille nominale ou le volume de votre appareil sur sa fiche technique et comparez-les au résultat obtenu. S'ils sont inférieurs, vous êtes sous-dimensionné, quel que soit l'état du certificat.
  4. Vérifiez le raccordement. Faites la liste des postes gras de la cuisine et cochez ceux qui transitent réellement par l'appareil. Un croquis à la main de ce circuit vaut d'être glissé dans le dossier.
  5. Datez et classez la note. La note de dimensionnement relève de la méthode de la NF EN 1825-2 : le détail du calculateur n'en tient pas lieu, il explique seulement le choix du modèle adapté à vos couverts. C'est la note qui prouve que la partie 2 a été appliquée chez vous, et non ailleurs.

Si un doute subsiste sur le volume à retenir, sur la contribution d'un lave-vaisselle ou sur un raccordement existant, notre équipe technique fait le point par téléphone au 01 84 80 50 34.

Trouver le modèle adapté à vos couverts. Le calculateur de capacité traduit vos couverts en couverts équivalents en six questions et affiche le détail du calcul. Le modèle le plus souvent retenu en restauration classique est le séparateur de graisse inox 100 L, à 639 euros HT et 200 L/h.

Ce que disent les textes

  • Autorisation obligatoire. Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte doit être préalablement autorisé par le maire ou par le président de la collectivité compétente (article L.1331-10 du Code de la santé publique).
  • Sanction pénale. Déverser sans cette autorisation, ou en violation de ses prescriptions, est puni de 10 000 euros d'amende (article L.1337-2 du Code de la santé publique).
  • Norme de l'appareil. La conception des séparateurs de graisse relève de la NF EN 1825-1, le choix de leur taille nominale, leur installation et leur entretien de la NF EN 1825-2.

Questions fréquentes

Que désigne exactement NS dans la norme NF EN 1825 ?

NS est la taille nominale du séparateur de graisse, exprimée en litres par seconde. Ce n'est pas un volume de cuve mais une capacité hydraulique : le débit d'eaux grasses que l'appareil peut traiter en continu en laissant aux graisses le temps de remonter en surface. Le volume commercial en litres en découle, il ne s'y substitue pas.

Comment se construit le débit de pointe Qs ?

Quatre entrées le composent. Le nombre de repas servis, le volume d'eau consommé par repas selon l'activité, la durée pendant laquelle ce flux arrive, et un coefficient de pointe qui traduit sa concentration en fin de service. Une seconde méthode part des appareils raccordés, lave-vaisselle professionnel en tête, et le guide CNIDEP 2006 recommande de retenir la plus haute des deux, sans les additionner.

Quand faut-il appliquer le facteur détergents fr = 1,3 ?

Dès que des produits de nettoyage et de désinfection sont utilisés sur les postes raccordés, toujours ou même occasionnellement, selon le guide CNIDEP 2006. C'est le cas courant en plonge et en laverie professionnelles. Seule une cuisine qui n'en utilise jamais garde fr = 1,0. Notre calculateur ne calcule pas fr : il majore les couverts de 30 % en cas d'usage régulier.

Les facteurs ft et fd valent-ils toujours 1,0 ?

Pas ft : le guide CNIDEP 2006 le fixe à 1,3 quand les eaux dépassent 60 °C, à 1,0 sinon. fd vaut 1,0. Ces deux facteurs couvrent la température des rejets et la nature des matières grasses. Ils n'interviennent que dans un calcul selon la NF EN 1825-2 : notre calculateur ne les calcule pas.

La taille nominale est-elle la même chose que le volume en litres ?

Non, et confondre les deux fausse tout le raisonnement. La taille nominale est un débit, le volume commercial est une contenance. Nos modèles se choisissent sur leur plage de couverts par jour, et leurs débits en litres par heure sont ceux du fabricant. Une taille nominale exigée par un dossier se calcule par la méthode de la NF EN 1825-2.

Un lave-vaisselle professionnel modifie-t-il le calcul ?

Oui, nettement. L'appareil vide sa cuve d'un seul coup, à intervalle court. La méthode par appareils du guide CNIDEP 2006 lui compte 2,0 L/s, soit 1,2 L/s pour un appareil seul, et l'on retient la plus haute des deux méthodes, sans les additionner. Dans notre calculateur, il majore les couverts de 15 %, ce qui suffit souvent à passer au volume supérieur.

Faut-il refaire le calcul quand l'activité évolue ?

Oui. Une taille nominale se calcule sur une activité déclarée à un moment donné. Ajouter un service, ouvrir une terrasse, raccorder un appareil ou changer de carte modifie le débit de pointe. Refaites le calcul et conservez la nouvelle note datée à côté de l'ancienne : c'est la réponse à un contrôleur qui constate que l'activité a grossi.

La partie 1 de la norme suffit-elle à établir la conformité ?

Non. Un appareil conçu selon la partie 1 mais dimensionné en dessous du débit de pointe réel laisse repartir les graisses au réseau, faute de temps de séjour suffisant. Il est irréprochable sur le papier et inopérant en cuisine. La conformité tient toujours ensemble la conception, la taille retenue et l'entretien tracé.

Sources officielles

  • Code de la santé publique, article L.1331-10 : autorisation préalable de tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte (version en vigueur depuis le 18/12/2010).
  • Code de la santé publique, article L.1337-2 : 10 000 euros d'amende pour un déversement d'eaux usées autres que domestiques sans l'autorisation de l'article L.1331-10 ou en violation de ses prescriptions.
  • NF EN 1825-1 : séparateurs à graisses, partie 1 : principes pour la conception, les performances et les essais, le marquage et la maîtrise de la qualité (AFNOR).
  • NF EN 1825-2 : installations de séparation de graisses, partie 2 : choix des tailles nominales, installation, service et entretien (AFNOR).
  • NF DTU 60.11 P2 : règles de calcul des installations de plomberie sanitaire, partie 2 : évacuation des eaux usées et des eaux vannes (AFNOR).

Textes en vigueur et fiches de normes consultés le 5 octobre 2026. Les normes AFNOR sont payantes : le lien mène à leur fiche officielle.

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