Séparateur de graisse 60 ou 70 litres : comment trancher
Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse, publié le
Guide de référence : dimensionner un séparateur de graisse : la méthode complète.
Le séparateur de graisse 60 L et le 70 L se distinguent par 20 L/h de débit (120 contre 140) et 40 euros HT. Trois critères tranchent : la charge grasse de la carte, la concentration du service et le fil d'eau. Avec une friteuse régulière ou un service concentré, le 70 L, le plus vendu, s'impose.
Ce sont deux formats sous plonge presque jumeaux : le 70 L est plus long de 21 centimètres (600 contre 390 mm) et moins haut de 9 centimètres (300 contre 390 mm). Choisir entre eux ne se joue donc pas sur la fiche technique lue de loin, mais sur trois critères précis, dont une différence de fil d'eau qui surprend souvent à la pose.
Qu'est-ce qui sépare vraiment un 60 L d'un 70 L ?
Trois détails seulement : le débit admissible (120 contre 140 L/h), la plage de couverts et le fil d'eau. Il faut commencer par dire ce qui ne les sépare pas, car c'est l'essentiel de la fiche. Les deux appareils se posent sous plonge, se raccordent en diamètre 50 millimètres à l'entrée comme à la sortie, sont réalisés en inox 304L alimentaire conforme NF EN 1825 et garantis 2 ans. Leur encombrement diffère (600 x 400 x 300 mm contre 390 x 390 x 390 mm), leur poids de 1,5 kilo, leur prix de 40 euros. Sur tous ces plans, l'arbitrage est indifférent.
La différence utile tient à trois éléments qui n'apparaissent pas au premier regard. Le premier est le débit admissible, 120 contre 140 L/h, soit une marge supplémentaire de 20 L/h pour le 70 L. Le deuxième est la plage de couverts, qui se recouvre partiellement autour de 60 couverts par jour. Le troisième, le plus contre-intuitif, est le fil d'eau, plus bas sur le 70 L que sur le 60 L malgré son volume supérieur. Ce sont ces trois points, et eux seuls, qui doivent guider le choix.
Le tableau ci-dessous les rassemble, avant que l'on n'examine comment chacun fait pencher la balance.
| Caractéristique | Séparateur 60 L | Séparateur 70 L |
|---|---|---|
| Débit maximal | 120 L/h | 140 L/h |
| Couverts par jour | 40 à 60 | 60 à 90 |
| Dimensions hors tout | 390 x 390 x 390 mm | 600 x 400 x 300 mm |
| Poids à vide | environ 10,5 kg | environ 12 kg |
| Fil d'eau entrée | 334,5 mm | 244,5 mm |
| Fil d'eau sortie | 304,5 mm | 214,5 mm |
| Raccordement | Ø 50 mm | Ø 50 mm |
| Prix HT | 459 € | 499 € |
Comment la charge grasse de la carte départage-t-elle les deux ?
Une carte grasse ou une friteuse régulière plaide pour le 70 L, une carte légère pour le 60 L. C'est le critère qui tranche le plus souvent, et c'est aussi celui qu'un comptage de couverts ignore complètement. Deux restaurants qui servent le même nombre de repas ne rejettent pas la même eau selon ce qu'ils cuisinent.
Une carte légère, à dominante de plats peu gras, produit une eau de plonge modérément chargée. La couche flottante se reconstitue lentement, le temps de remontée des graisses reste court, et le 60 L absorbe ce régime sans difficulté sur sa plage de 40 à 60 couverts. C'est le cas type du bistrot, de la salade-terrasse, du restaurant à cuisine simple.
Une carte grasse change la donne. Fritures régulières, fromage fondu, plats en sauce, charcuterie : l'eau de plonge est nettement plus chargée, la couche flottante se reconstitue vite, et le temps de remontée des graisses s'allonge, ce qui rapproche l'appareil de sa limite de débit à couverts égaux. Dans ce cas, le 70 L et ses 140 L/h offrent la marge nécessaire, y compris en dessous de 60 couverts. La friture est le marqueur le plus fiable : une friteuse utilisée régulièrement fait basculer vers le 70 L avant même que le comptage ne l'impose. Ce point est développé sur la page du séparateur 70 litres.
La règle pratique : si la carte est grasse ou si une friteuse tourne régulièrement, prenez le 70 L même à 50 ou 55 couverts. Si la carte est légère, le 60 L couvre sereinement toute sa plage.
Comment la concentration du service joue-t-elle ?
Un service concentré fait monter le débit de pointe et plaide pour le 70 L ; un service étalé laisse le 60 L dans sa plage. Le deuxième critère est la façon dont les couverts se répartissent dans le temps. Il agit sur le débit de pointe, la valeur qui décide réellement de la conformité.
Un service étalé, midi et soir avec des amplitudes larges, dilue les rejets : le même nombre de couverts produit un débit de pointe plus faible, car l'eau grasse arrive progressivement. Un service concentré, où l'essentiel des couverts se joue sur une séquence courte, comprime les rejets et fait monter le débit de pointe. À nombre de couverts identique, ces deux profils ne sollicitent pas le séparateur de la même manière.
Concrètement, un restaurant à 55 couverts en service étalé reste confortablement dans la plage du 60 L, tandis qu'un restaurant à 55 couverts concentrés sur un service unique dense peut gagner à prendre le 70 L. Notre calculateur de capacité, lui, ne tient pas compte de la durée de service : à 55 couverts sans détergents ni lave-vaisselle, il conseille le 60 L dans les deux cas. C'est la méthode des repas de la NF EN 1825-2 qui traduit la concentration en débit de pointe, par sa durée t ; le mécanisme est détaillé dans la taille nominale NS.
Pourquoi le fil d'eau inverse-t-il l'intuition ?
Parce que le 70 L, plus gros, a un fil d'eau d'entrée plus bas de 90 mm que le 60 L (244,5 contre 334,5 mm). Le dernier critère est le plus surprenant, et il concerne la pose. On attendrait qu'un appareil plus gros exige une évacuation plus haute. Ici, c'est l'inverse.
Le fil d'eau d'entrée du 60 L est à 334,5 millimètres du fond, celui du 70 L à 244,5 millimètres, soit 90 millimètres plus bas. Le 70 L, pourtant plus volumineux, accepte donc une évacuation plus basse que le 60 L. Sur un chantier où le point de raccordement disponible est bas, le 60 L peut imposer de surélever l'appareil ou de reprendre l'évacuation, là où le 70 L se raccorde directement, en apportant en prime une marge de débit.
Cette singularité renverse un arbitrage qui semblait tranché. Face à une évacuation basse, le format le plus commode n'est pas le plus petit mais le 70 L. C'est une raison de plus de toujours relever la cote de fil d'eau de l'évacuation existante avant de choisir, plutôt que de trancher sur le seul volume. Le seul point où le 60 L reprend l'avantage est l'encombrement : une longueur de 390 mm au lieu de 600 mm, qui peut compter dans un caisson très serré.
Comment trancher le cas limite à 55-65 couverts, pas à pas ?
Reste le cas qui motive cette page : le restaurant à 55-65 couverts par jour, dans la zone de recouvrement des deux plages. Voici comment le trancher, dans l'ordre.
- La carte est-elle grasse ou une friteuse tourne-t-elle régulièrement ? Si oui, 70 L, sans autre calcul. La charge grasse suffit à justifier la marge.
- Le service est-il concentré ? Si les couverts se jouent sur une séquence courte et dense, le 70 L apporte une marge que le calculateur, qui ignore la durée de service, ne proposera pas de lui-même. Si le service est étalé, le 60 L reste dans sa plage.
- L'évacuation est-elle basse ? Si oui, le 70 L est plus simple à raccorder et offre en prime la marge de débit. Si la place manque au contraire dans le caisson, le 60 L et ses 390 mm de long au lieu de 600 mm peuvent être décisifs.
- L'activité est-elle appelée à croître ? Une ouverture qui monte en régime vers 70 ou 80 couverts se dimensionne sur la cible, donc sur le 70 L, pour éviter un remplacement à court terme.
Dans le doute persistant, l'arbitrage penche vers le 70 L, et pour une raison arithmétique simple : l'écart est de 40 euros HT, tandis qu'un remplacement anticipé additionnerait un second appareil, une seconde pose et l'immobilisation du poste de plonge. La marge coûte peu, l'erreur inverse coûte cher.
Qu'est-ce que le choix entre 60 et 70 L ne change pas ?
Trois exigences : la conformité, l'entretien et la filière des huiles usagées. Quel que soit le volume retenu, trois exigences restent identiques et méritent d'être rappelées, car elles pèsent plus lourd que l'écart entre les deux formats.
La conformité d'abord : les deux appareils répondent à la norme NF EN 1825, et le certificat se réclame à l'achat, pas des mois plus tard. L'entretien ensuite : une vidange toutes les 6 à 8 semaines, davantage sur une carte grasse, avec traçabilité au registre, comme détaillé dans comment remplir le registre d'entretien. La distinction enfin entre eaux grasses et huiles usagées : ni le 60 L ni le 70 L ne reçoit un bain de friture, qui relève d'une collecte séparée décrite dans la gestion des huiles usagées.
Autrement dit, se tromper d'un cran entre 60 et 70 L a des conséquences limitées et rattrapables ; négliger le certificat, le registre ou la filière huiles a des conséquences bien plus lourdes en cas de contrôle, quel que soit le volume. Le poids relatif de ces enjeux mérite d'être gardé en tête au moment de commander.
Un dernier élément commun aux deux formats mérite d'être posé : la pose elle-même. Que l'on retienne le 60 L ou le 70 L, l'appareil se raccorde par gravité sous la plonge, avec une entrée et une sortie qui ne sont pas interchangeables et un écoulement qui doit descendre sans contre-pente. Le sens de circulation est la faute la plus fréquente et la plus silencieuse, puisqu'un raccordement inversé n'a d'effet visible qu'à la sortie, que personne ne contrôle spontanément. La marche complète, identique pour les deux volumes, figure dans installer un séparateur de graisse en sept étapes. Ce socle commun confirme que l'arbitrage entre 60 et 70 L porte sur la marge de débit et la commodité de raccordement, jamais sur la difficulté de pose, qui est la même.
Quelles erreurs de raisonnement faut-il écarter ?
Sur ce choix précis, deux raisonnements reviennent souvent et conduisent à la mauvaise décision. Les nommer permet de les éviter.
La première erreur est de choisir sur le seul volume de stockage. On imagine que 60 ou 70 litres correspondent à une quantité de graisse que l'on va accumuler, et on choisit en fonction de cette réserve supposée. C'est une lecture fausse : le volume conditionne l'intervalle entre deux vidanges, pas la conformité. Ce qui décide du modèle, c'est la plage de couverts équivalents, et ce qui menace la séparation, c'est la pointe de rejet. Un 60 L choisi trop juste laisse repartir les graisses au réseau à chaque coup de feu. La bonne question n'est jamais « combien vais-je stocker » mais « quelle charge ma plonge produit-elle en pointe ».
La seconde erreur est de choisir le plus petit pour économiser 40 euros. L'écart de prix est le seul élément immédiatement visible, et il pèse à tort plus lourd que le reste dans la décision. Ces 40 euros se comparent à des postes invisibles mais bien réels : le temps passé à vidanger un appareil qui sature plus vite, le risque de curage en aval si des graisses ont franchi la sortie, et surtout le coût d'un remplacement anticipé si l'activité progresse. Rapporté à ces montants, l'écart entre les deux volumes est marginal, et l'économie apparente se paie souvent plus cher ensuite.
Comment trancher définitivement entre 60 et 70 L ?
Le choix entre 60 et 70 L se résume à une question de marge. Le 60 L convient à une carte légère, un service étalé, une activité stabilisée sous 60 couverts et une évacuation compatible avec un fil d'eau à 334,5 millimètres. Le 70 L s'impose dès qu'il y a de la friture, un service concentré, une activité qui vise ou dépasse 60 couverts, ou une évacuation basse que sa géométrie raccorde plus facilement. Dans l'incertitude, les 40 euros d'écart plaident pour le 70 L.
Pour situer votre activité par rapport aux paliers du catalogue, 60 couverts par jour est précisément le point de bascule entre les deux volumes. Les fiches complètes se trouvent sur les pages du séparateur 60 litres et du séparateur 70 litres, et la méthode générale dans quelle capacité pour mon établissement. Un doute sur votre cas précis ? Notre équipe technique tranche au 01 84 80 50 34.
Quel séparateur de graisse pour votre cuisine ?
Le volume se choisit sur le nombre de couverts servis par jour, puis s'ajuste selon le lave-vaisselle, les détergents et le rythme de service. Les sept modèles sont en inox 304L, conformes NF EN 1825, garantis 2 ans, livraison offerte dès 250 € HT.
| Modèle | Couverts / jour | Débit max | Pose | Prix HT |
|---|---|---|---|---|
| Séparateur 30 L | 15 à 25 | 60 L/h | Sous évier ou sous plonge | 295 € HT |
| Séparateur 40 L | 25 à 40 | 80 L/h | Sous évier ou sous plonge | 345 € HT |
| Séparateur 60 L | 40 à 60 | 120 L/h | Sous évier ou sous plonge | 459 € HT |
| Séparateur 70 LConseillé | 60 à 90 | 140 L/h | Sous évier ou sous plonge | 499 € HT |
| Séparateur 100 L | 90 à 140 | 200 L/h | Sous évier ou sous plonge | 639 € HT |
| Séparateur 120 L | 140 à 220 | 240 L/h | À poser au sol | 799 € HT |
| Séparateur 200 L | 250 à 400 | 400 L/h | À poser au sol | 1 049 € HT |
Un conseiller valide votre choix au 01 84 80 50 34 (Lun-Ven 10h-18h).
Questions fréquentes
Quelle est la vraie différence entre un séparateur de graisse 60 et 70 litres ?
Le débit maximal admissible passe de 120 à 140 L/h et la plage de 40-60 à 60-90 couverts par jour. Mais la différence qui tranche en pratique est ailleurs : le 70 L absorbe mieux une charge grasse élevée et un service concentré, là où le 60 L convient à une carte plus légère sur une amplitude étalée.
40 euros de plus pour le 70 L, est-ce justifié ?
L'écart est de 40 euros HT, marginal au regard de la durée de vie d'un appareil en inox 304L garanti 2 ans. Dès qu'un doute existe sur la charge grasse ou sur l'évolution de l'activité vers 60 couverts, ces 40 euros achètent une marge de débit qui évite un remplacement anticipé bien plus coûteux.
Le 60 L suffit-il pour un restaurant avec friteuse ?
Cela dépend de l'intensité de la friture. Une friteuse occasionnelle reste compatible avec le 60 L tant que vos couverts équivalents restent dans sa plage. Une friture régulière, qui alourdit la charge grasse et raccourcit l'intervalle de vidange, plaide pour le 70 L, même en dessous de 60 couverts : notre calculateur ne demande rien sur la friteuse.
Le 70 L est-il plus difficile à installer que le 60 L ?
Souvent le contraire. Le fil d'eau d'entrée du 70 L est à 244,5 millimètres, plus bas que celui du 60 L à 334,5 millimètres. Le 70 L, bien que plus gros, accepte donc une évacuation plus basse, ce qui peut le rendre plus simple à raccorder sur une évacuation basse. Seul l'encombrement joue en sens inverse : 600 mm de long contre 390 mm, mais 300 mm de haut contre 390 mm.
À combien de couverts faut-il choisir le 70 plutôt que le 60 L ?
La bascule se situe autour de 60 couverts par jour, borne haute du 60 L et borne basse du 70 L. Notre calculateur passe au 70 L dès 57 couverts équivalents, soit 85 % de la plage du 60 L. En dessous, la charge grasse peut aussi faire pencher vers le 70 L : on ne tranche pas au seul comptage. Au-dessus de 60 couverts stabilisés, le 70 L s'impose.
Peut-on remplacer un 60 L par un 70 L sans travaux ?
Les deux se raccordent en diamètre 50 millimètres, donc le remplacement ne touche pas au diamètre des canalisations. Le point à vérifier est le fil d'eau : le 70 L ayant une entrée plus basse que le 60 L, un circuit conçu pour le 60 L reste généralement compatible, mais la cote se contrôle avant de commander.
Le 70 L demande-t-il plus d'entretien que le 60 L ?
Le rythme d'entretien dépend de la charge grasse, pas du volume. Sur une carte grasse, le 70 L peut demander deux retraits des graisses de surface par semaine, mais un 60 L placé sur la même cuisine en demanderait autant, voire davantage, puisqu'il sature plus vite. À charge égale, le volume supérieur du 70 L espace plutôt les interventions.
Quel poids pour chacun de ces deux séparateurs ?
Le 60 L pèse environ 10,5 kilos à vide, le 70 L environ 12 kilos. La différence est mineure et sans effet sur le choix, mais dans les deux cas l'appareil contient son volume d'eau en service et ne se déplace jamais plein : on le vidange avant toute manipulation, et le support se dimensionne sur la charge en service.
Sources officielles
- NF EN 1825-1 : séparateurs à graisses, partie 1 : principes pour la conception, les performances et les essais, le marquage et la maîtrise de la qualité (AFNOR).
- NF EN 1825-2 : installations de séparation de graisses, partie 2 : choix des tailles nominales, installation, service et entretien (AFNOR).
- NF DTU 60.11 P2 : règles de calcul des installations de plomberie sanitaire, partie 2 : évacuation des eaux usées et des eaux vannes (AFNOR).
Textes en vigueur et fiches de normes consultés le 5 octobre 2026. Les normes AFNOR sont payantes : le lien mène à leur fiche officielle.

































