Séparateur de graisse ou dégraisseur : quelle différence ?
Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse, publié le
Guide de référence : séparateur de graisse obligatoire : la réglementation complète.
Les dégraisseurs vendus sous ce nom ne sont pas tous des séparateurs de graisse. Un séparateur conçu selon NF EN 1825 se reconnaît à trois preuves écrites : une référence de conception, un débit maximal annoncé (60 à 400 L/h sur notre gamme) et une géométrie interne qui ralentit l'eau. Sans elles, l'équipement ne se justifie pas en contrôle.
Les deux termes circulent comme des synonymes, mais une distinction compte pour la conformité. Un dégraisseur générique désigne souvent une simple cuve sans preuve de conception. Devant un contrôleur, c'est cette preuve qui fait la différence, pas le mot employé. Un devis qui ne mentionne pas les trois preuves ne permet pas de comparer deux offres.
Dégraisseurs : que recouvre réellement ce mot ?
Rien de précis : c'est un mot d'usage, et ce sont trois caractéristiques qui distinguent vraiment deux appareils. Le point fait perdre le plus de temps aux exploitants, parce qu'il est presque toujours mal posé au départ.
Il faut d'abord évacuer une fausse piste : « dégraisseur » n'est pas un terme interdit ni le nom d'une catégorie de produits inférieurs. C'est un mot d'usage, employé par des professionnels sérieux comme par des vendeurs de caisses en plastique. Il ne dit rien de la qualité de l'équipement qu'il désigne.
Ce qui distingue réellement deux appareils, ce sont trois caractéristiques qui n'ont rien à voir avec leur appellation commerciale. La référence de conception : l'équipement se rattache-t-il à NF EN 1825 par un document ? Le débit maximal admissible : le fabricant annonce-t-il une valeur, exprimée en litres par heure ou en mètres cubes par heure ? La géométrie interne : la cuve comporte-t-elle un dispositif qui casse la vitesse à l'entrée et un départ pris sous la couche flottante ?
Un appareil qui coche ces trois cases est un séparateur de graisse, quel que soit le nom sur l'étiquette. Un appareil qui n'en coche aucune est une caisse étanche, quel que soit le nom sur l'étiquette. La question à se poser en achetant n'est donc jamais « est-ce écrit séparateur » mais « puis-je justifier ces trois points par écrit ».
Attention à un second sens du mot. « Dégraissant » ou « dégraisseur » désigne aussi un produit d'entretien qui dissout les graisses. Ce produit ne remplace jamais l'appareil. Versé en excès, il stabilise l'émulsion entre l'eau et les graisses, qui ne remontent plus et repartent au réseau : la dose de détergent doit rester aussi faible que possible (service de l'assainissement de Paris).
Ce que ni l'un ni l'autre ne traite : les huiles de friture usagées. Elles ne figent pas à température ambiante et le séparateur ne les retient pas. Elles se collectent en bidon par un prestataire spécialisé, et leur rejet à l'égout est interdit. Le détail figure dans les huiles usagées en restauration.
Comment diagnostiquer en dix points un équipement en place ?
Par dix vérifications à froid, en une vingtaine de minutes. La situation la plus fréquente n'est pas l'achat mais l'héritage : un exploitant reprend un local déjà équipé et doit savoir ce qu'il a. Voici la séquence de vérification, dans l'ordre où elle se fait utilement, hors service, avec une lampe et de quoi noter.
- Chercher un marquage sur la cuve. Plaque rivetée, gravure, étiquette collée à l'intérieur du couvercle. C'est le premier endroit à regarder et souvent le seul renseignement disponible.
- Chercher les documents. Notice, certificat, facture d'origine, procès-verbal de pose. Demandez-les au bailleur ou au cédant tant que la relation est active.
- Relever le volume affiché. S'il ne figure nulle part, mesurez les dimensions extérieures de la cuve : elles donnent un ordre de grandeur exploitable.
- Chercher un débit maximal annoncé. Son absence est le signal le plus révélateur : un fabricant qui n'annonce pas de débit n'a pas dimensionné son produit.
- Ouvrir et regarder la géométrie interne. Y a-t-il une cloison, un déflecteur, un départ plongeant ? Une cuve vide de tout aménagement ne sépare pas, elle stocke.
- Vérifier l'état du matériau. Déformation, fissure, voile blanchâtre, points de corrosion sur les soudures ou les angles.
- Vérifier le couvercle et son joint. Un joint durci, écrasé ou absent laisse remonter les odeurs et compromet l'étanchéité de l'ensemble.
- Vérifier la mise à niveau. Un appareil posé de travers déplace la ligne de séparation et réduit le volume utile réel.
- Remonter le circuit des postes raccordés. Toutes les eaux grasses passent-elles par l'équipement, ou seulement une plonge sur deux ?
- Vérifier l'accès. L'équipement peut-il être ouvert et curé entièrement sans démonter un meuble ? Sinon, il ne sera pas entretenu.
À l'issue de ce diagnostic, trois situations se présentent. Équipement documenté et cohérent avec l'activité : rien à faire, sinon classer les pièces. Équipement documenté mais sous-dimensionné : remplacement à programmer, en s'appuyant sur le calculateur de capacité. Équipement non documenté : considérez-le comme non justifiable et traitez-le comme une dépense à prévoir.
Quelles différences entre un séparateur NF EN 1825 et une cuve générique ?
Six critères les séparent, dont la preuve de conception et le débit annoncé de 60 à 400 L/h.
| Critère | Séparateur conçu selon NF EN 1825 | Cuve générique sans référence |
|---|---|---|
| Preuve de conception | Documentée et opposable | Absente |
| Débit maximal admissible | Annoncé, de 60 à 400 L/h selon le volume | Non annoncé |
| Géométrie interne | Entrée ralentie, départ sous la couche flottante | Volume simple, écoulement direct |
| Tenue aux rejets chauds | Prévue à la conception | Non garantie |
| Accès de curage | Volume accessible en totalité | Variable, souvent partiel |
| Sort en contrôle | Justifiable sur pièces | Non justifiable |
Deux lignes de ce tableau méritent d'être commentées, parce qu'elles sont invisibles sur une photo. La géométrie interne d'abord : c'est elle qui transforme un volume en dispositif de séparation, et c'est précisément ce qu'aucune fiche produit sommaire ne montre. L'accès de curage ensuite : un équipement dont une partie du volume reste hors de portée conserve à demeure un dépôt qui fermente, ce qui produit des odeurs persistantes et réduit durablement le volume utile disponible pour la séparation.
Une remarque sur la colonne du milieu : elle ne décrit pas un produit haut de gamme, elle décrit le minimum vérifiable. Un séparateur de graisse conforme n'est pas un équipement de luxe, c'est un équipement dont on peut prouver ce qu'il fait.
Pourquoi le matériau finit-il toujours par se voir ?
Le matériau n'est pas un critère de confort, c'est ce qui décide de la durée pendant laquelle l'équipement reste conforme à ce qu'il était le jour de la pose.
Les contraintes sont connues : rejets de plonge chauds à répétition, contact permanent avec des matières grasses, détergents et désinfectants alcalins, retrait des graisses de surface entre deux vidanges, vidange complète que nous conseillons toutes les 6 à 8 semaines, chocs lors du curage. Une cuve qui se déforme sous la chaleur perd sa géométrie interne, donc sa capacité à séparer. Une cuve qui se microraye retient les résidus dans ses rayures, ce qui fixe les odeurs et rend le nettoyage de plus en plus long. Une cuve qui se fissure aux angles perd son étanchéité, et le problème se manifeste alors sous le meuble plutôt que dans le réseau.
L'inox 304L alimentaire répond à ces contraintes : il ne se déforme pas aux températures de plonge, il se nettoie sans marquer, il ne retient pas les odeurs et il supporte les produits d'entretien professionnels. C'est le matériau de nos sept volumes, du 30 L au 200 L. La comparaison détaillée avec les cuves plastiques figure dans inox 304L ou plastique.
Quels signaux repérer sur un devis avant d'acheter ?
Sept signaux, dont l'absence de débit maximal en litres par heure. La plupart des équipements non justifiables sont achetés de bonne foi, sur une fiche produit qui ressemble à toutes les autres. Quelques signaux permettent pourtant de trancher avant de commander.
- Aucun débit maximal n'est indiqué. Une fiche qui annonce un volume en litres mais aucun débit en litres par heure décrit un contenant, pas un séparateur de graisse. C'est le signal le plus fiable de tous.
- La norme est citée sans être rattachée au produit. Une mention du type « conforme aux normes en vigueur » ou une référence générale à NF EN 1825 dans un paragraphe de présentation ne vaut pas certificat. Demandez la pièce, pas la phrase.
- Le dimensionnement est présenté en surface ou en places assises. Aucune de ces deux grandeurs n'entre dans la méthode normative. Un vendeur qui dimensionne ainsi n'a pas fait le calcul.
- Aucune vue de l'intérieur n'est proposée. La géométrie interne est ce qui fait le produit. Son absence des visuels est rarement un oubli.
- Le matériau n'est pas précisé. « Inox » sans nuance, ou « acier alimentaire » sans plus, laisse une latitude importante sur la tenue réelle en cuisine.
- Aucune pièce détachée n'est disponible. Un joint de couvercle est une pièce d'usure. Un équipement dont le joint ne peut pas être remplacé est un équipement à durée de vie courte, quel que soit l'état de la cuve.
- Le délai et le mode de livraison ne sont pas précisés. Un séparateur inox pèse de 6 à 22 kg à vide sur notre gamme et ne s'expédie pas toujours comme un colis courant, et un vendeur qui reste vague sur ce point l'est souvent aussi sur le reste.
Le test le plus simple reste de poser une question précise avant de commander : quel est le débit maximal admissible de ce modèle, et sur quelle pièce puis-je le vérifier. Une réponse chiffrée et documentée règle la question en une minute. Une réponse évasive vous a déjà renseigné, et cela vaut quel que soit le canal de vente.
Que doit indiquer un devis de séparateur de graisse ?
Un devis comparable porte les mêmes lignes, quel que soit le nom donné à l'appareil. Voici ce que chacune doit préciser, avec en regard les valeurs de notre séparateur inox 70 L, le volume prévu pour un restaurant de 60 à 90 couverts par jour.
| Ligne du devis | Ce qu'elle doit préciser | Exemple : séparateur inox 70 L |
|---|---|---|
| Référence de conception | La norme de conception de l'appareil | NF EN 1825 |
| Débit maximal admissible | Une valeur chiffrée annoncée par le fabricant, en litres par heure | 140 L/h |
| Volume et activité visée | Le volume utile et la plage de couverts par jour | 70 L, 60 à 90 couverts par jour |
| Matériau | La nuance, pas seulement le mot inox | Inox 304L |
| Cotes et fil d'eau | Dimensions hors tout, hauteur d'entrée et de sortie | L 600 × P 400 × H 300 mm, entrée 244,5 mm, sortie 214,5 mm |
| Raccordement | Le diamètre des piquages | Ø 50 mm |
| Prix, livraison, garantie | Prix HT, frais de port, durée de garantie | 499 € HT, livraison offerte dès 250 € HT, garantie 2 ans |
Pour recevoir ce document sur le modèle qui vous concerne, le devis séparateur de graisse en PDF depuis le panier part en quelques secondes, aux prix HT du catalogue, et la fiche du séparateur inox 70 L détaille les mêmes valeurs. Une fois l'appareil choisi, sa pose suit l'installation d'un séparateur de graisse en 7 étapes.
Combien coûte réellement un équipement refusé ?
Beaucoup plus que l'économie espérée : l'appareil initial, celui de remplacement et la seconde pose, face à un séparateur conforme de 295 à 1 049 euros HT. Le raisonnement qui conduit à acheter une cuve générique est toujours le même : elle coûte moins cher et elle remplit visuellement la fonction. Le problème est que la comparaison porte sur le mauvais poste.
Le coût d'un équipement refusé n'est pas la différence de prix entre les deux appareils. C'est le prix de l'appareil de remplacement, plus le prix de l'appareil initial déjà payé, plus la seconde intervention de pose, plus le temps de gestion de la non-conformité auprès du service d'assainissement. À quoi s'ajoute, souvent, la contrainte de calendrier : la remise en conformité se fait sous délai, donc sans possibilité d'attendre le bon moment dans l'activité.
En face, le prix d'un séparateur de graisse conforme est connu et borné : 295 euros HT pour le 30 L, 345 euros HT pour le 40 L, 459 euros HT pour le 60 L, 499 euros HT pour le 70 L, 639 euros HT pour le 100 L, 799 euros HT pour le 120 L et 1 049 euros HT pour le 200 L. La livraison est offerte à partir de 250 euros HT en France métropolitaine et la garantie est de 2 ans.
Autrement dit, l'économie réalisée sur une cuve générique n'existe que tant que personne ne vérifie. C'est un pari, et c'est un pari dont le gain est petit et la perte élevée. Si vous avez un doute sur l'équipement présent dans votre cuisine, décrivez-le nous au 01 84 80 50 34 : nous vous dirons en quelques minutes s'il est défendable et, si nécessaire, quel volume prendre.
Sources vérifiées le 21/10/2026 : norme NF EN 1825 (fiches AFNOR) ; plaquette du service de l'assainissement de Paris (huiles usagées, détergents, principe du séparateur) ; débits, cotes, poids et prix HT du catalogue Séparateur Graisse.
Ce que disent les textes
- Autorisation obligatoire. Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte doit être préalablement autorisé par le maire ou par le président de la collectivité compétente (article L.1331-10 du Code de la santé publique).
- Sanction pénale. Déverser sans cette autorisation, ou en violation de ses prescriptions, est puni de 10 000 euros d'amende (article L.1337-2 du Code de la santé publique).
- Norme de l'appareil. La conception des séparateurs de graisse relève de la NF EN 1825-1, le choix de leur taille nominale, leur installation et leur entretien de la NF EN 1825-2.
Questions fréquentes
Un dégraisseur simple est-il accepté en contrôle ?
Il l'est s'il peut être rattaché à NF EN 1825 par une pièce écrite et s'il est dimensionné pour votre débit. Le mot employé ne décide de rien : ce qui décide, c'est l'existence d'une référence de conception, d'un débit maximal annoncé et d'un dimensionnement cohérent avec l'activité.
Comment savoir si l'équipement en place est conforme ?
Cherchez trois choses dans cet ordre : une plaque ou un marquage sur la cuve, une notice ou un certificat mentionnant NF EN 1825, et un débit maximal admissible exprimé en litres par heure. Si aucune des trois n'est trouvable, l'équipement ne pourra pas être justifié en contrôle.
Que faire d'un dégraisseur hérité du précédent exploitant ?
Le diagnostiquer avant l'ouverture, pas après. Relevez le volume, l'état de la cuve et du joint, la présence de cloisons internes et tout marquage. Sans document rattachable, considérez que l'équipement devra être remplacé et intégrez cette dépense à la reprise plutôt qu'à un contrôle.
Pourquoi le matériau change-t-il quelque chose ?
Parce que les eaux de plonge arrivent chaudes et chargées en détergents. Une cuve qui se déforme, se fissure ou se microraye au nettoyage perd son étanchéité et retient les résidus. L'inox 304L alimentaire supporte ces contraintes sans marquer, ce qui explique son usage sur nos sept volumes.
Que doit contenir un devis de séparateur de graisse ?
La norme de conception, NF EN 1825, le débit maximal admissible en litres par heure, le volume et la plage de couverts, la nuance d'inox, les cotes et le fil d'eau, le diamètre de raccordement, puis le prix HT, la livraison et la garantie. Sans débit annoncé, deux dégraisseurs ne se comparent pas.
Combien coûte le remplacement d'un équipement non conforme ?
Le catalogue va de 295 euros HT pour le 30 L à 1 049 euros HT pour le 200 L, avec la livraison offerte à partir de 250 euros HT en France métropolitaine et une garantie de 2 ans. À ce montant s'ajoute la pose. Le coût réel d'un équipement refusé est celui-ci, plus celui de l'équipement initial déjà payé.
Sources officielles
- Code de la santé publique, article L.1331-10 : autorisation préalable de tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte (version en vigueur depuis le 18/12/2010).
- Code de la santé publique, article L.1337-2 : 10 000 euros d'amende pour un déversement d'eaux usées autres que domestiques sans l'autorisation de l'article L.1331-10 ou en violation de ses prescriptions.
- NF EN 1825-1 : séparateurs à graisses, partie 1 : principes pour la conception, les performances et les essais, le marquage et la maîtrise de la qualité (AFNOR).
- NF EN 1825-2 : installations de séparation de graisses, partie 2 : choix des tailles nominales, installation, service et entretien (AFNOR).
- NF DTU 60.11 P2 : règles de calcul des installations de plomberie sanitaire, partie 2 : évacuation des eaux usées et des eaux vannes (AFNOR).
Textes en vigueur et fiches de normes consultés le 5 octobre 2026. Les normes AFNOR sont payantes : le lien mène à leur fiche officielle.

































