Le séparateur de graisse est-il obligatoire ?
Mis à jour le par l'équipe technique Séparateur Graisse, publié le
Oui, dès qu'un établissement rejette des eaux grasses au réseau public. Ce rejet doit être autorisé (article L.1331-10 du Code de la santé publique), le Code interdit d'introduire au réseau ce qui gêne son fonctionnement (article R.1331-2) et le règlement local exige un prétraitement. Sans autorisation, l'amende atteint 10 000 euros (article L.1337-2).
Exemple de règlement local : à Paris, les établissements de restauration doivent être équipés d'un séparateur à graisses et envoyer chaque année au service de l'assainissement la preuve de son entretien. L'absence de prétraitement y est pénalisée de 5 000 euros, un défaut d'entretien de 3 500 euros (plaquette du service de l'assainissement de Paris).
Qui est assujetti, et sur quel critère exactement ?
Tout établissement dont l'eau sortante contient des matières grasses d'origine alimentaire. La question posée par un service d'assainissement n'est jamais « quel est votre code d'activité ». Elle est « que contient l'eau qui sort de votre établissement ». Un rejet chargé en matières grasses d'origine alimentaire sort de la catégorie des eaux usées domestiques et devient un déversement non domestique, avec les obligations de prétraitement qui vont avec. C'est ce basculement de catégorie qui déclenche l'exigence, pas la taille du local ni le nombre de salariés.
Concrètement, sont concernés les établissements dont la production d'eaux grasses est régulière et identifiable : restaurants, brasseries, pizzerias, snacks, food-trucks, boucheries et charcuteries, traiteurs, boulangeries et pâtisseries, cantines scolaires et d'entreprise, self-services, cuisines centrales, hôtels avec restauration ou room service. La liste n'est pas un classement administratif, c'est une liste de profils de rejet. Un établissement qui ne fait que du réchauffage en barquettes scellées, sans plonge chaude ni lavage de contenants gras, se trouve dans une situation différente d'une brasserie avec friteuse, et cette différence se discute avec le service d'assainissement, pièces à l'appui.
Le tableau ci-dessous n'est pas une grille de dimensionnement, c'est une grille de lecture du flux gras dominant. Elle sert à préparer l'échange avec l'assainissement et à savoir sur quoi va porter la vérification.
| Profil d'exploitation | Flux gras dominant | Point de vigilance en contrôle |
|---|---|---|
| Restaurant, brasserie | Plonge batterie et lave-vaisselle | Tous les postes gras raccordés en amont du séparateur |
| Pizzeria, grillades | Eaux de nettoyage de plaques et grilles | Nettoyage du soir souvent hors des heures de service |
| Snack, food-truck | Rinçage et petite plonge | Point de vidange autorisé et traçabilité |
| Boulangerie, pâtisserie | Lavage des moules et plaques beurrés | Rejet concentré sur une plage horaire courte |
| Cantine, self, cuisine centrale | Débarrassage et laverie en continu | Débit de pointe très marqué sur le service |
| Boucherie, charcuterie | Nettoyage des billots et du matériel de découpe | Graisses animales figeant vite en canalisation |
Sur quels textes repose réellement l'obligation ?
Il n'existe pas un article unique intitulé « le séparateur de graisse est obligatoire ». L'exigence se construit par empilement, et c'est utile de le savoir pour répondre correctement à un contrôleur.
Le premier étage est une interdiction nationale. Il est interdit d'introduire dans les systèmes de collecte toute matière susceptible de gêner leur fonctionnement ou de dégrader les ouvrages (article R.1331-2 du Code de la santé publique). Le règlement sanitaire départemental reprend la même règle, par exemple à son article 29.2 dans l'Allier. Les graisses alimentaires figent en refroidissant et réduisent la section des collecteurs : elles sont visées.
Le deuxième étage est l'article L.1331-10 du Code de la santé publique : tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public doit être autorisé au préalable. Le maire, ou le président de l'intercommunalité compétente pour la collecte, délivre cette autorisation. Elle fixe sa durée, les caractéristiques des eaux déversées et leur surveillance. Sans réponse quatre mois après la demande, celle-ci est rejetée.
Le troisième étage est le règlement d'assainissement de votre collectivité. Il décline ces principes et nomme souvent le séparateur de graisse pour la restauration, avec les modalités de contrôle. À Paris, le service de l'assainissement exige le séparateur, sa vidange par un professionnel aussi souvent que nécessaire et l'envoi annuel des bordereaux. Deux communes voisines peuvent écrire des règles différentes : c'est le vôtre qui fait foi.
Le quatrième étage est la norme NF EN 1825. Elle ne crée pas l'obligation : elle définit ce qu'est un séparateur de graisse acceptable, sa conception en partie 1, sa taille nominale, sa pose et son entretien en partie 2. Un règlement qui exige un prétraitement des graisses y renvoie en pratique, parce qu'elle rend l'équipement vérifiable. Le détail de chaque partie figure dans la norme NF EN 1825 en pratique.
Bailleur ou exploitant : qui porte l'obligation ?
L'exploitant répond de l'obligation devant l'administration, tandis que le financement dépend du bail. C'est la question qui fait perdre le plus de temps au moment d'une ouverture, et elle se règle en distinguant trois choses différentes que l'on confond souvent.
- Qui est redevable devant l'administration. L'autorisation de déversement porte sur l'établissement et le rejet qu'il produit. C'est l'exploitant, auteur du déversement, que le service d'assainissement interpelle en cas de non-conformité, et que vise l'amende de l'article L.1337-2, quel que soit l'état du bail.
- Qui finance l'équipement. Cela relève du bail commercial et de la répartition des travaux entre le bailleur et le preneur. Un séparateur de graisse posé sous plonge, raccordé mais démontable, s'apparente le plus souvent à un équipement d'exploitation, donc à la charge du preneur. Un dispositif intégré au gros oeuvre relève d'une autre logique.
- Qui assure l'entretien. L'entretien suit l'usage, donc l'exploitant, sans exception utile. C'est lui qui remplit le registre, lui qui commande les vidanges, lui qui présente les justificatifs.
Le réflexe à avoir avant de signer : faire figurer dans l'état des lieux d'entrée la présence ou l'absence d'un séparateur de graisse, son volume, son état et la date de sa dernière vidange connue. Un séparateur hérité du prédécesseur, sans notice ni certificat, est une charge future qui doit se négocier au moment du bail et non le jour du contrôle. Si le local n'a jamais accueilli de restauration, la question de la sortie d'évacuation et de sa cote de fil d'eau doit être posée avant la signature, car elle conditionne le format d'installation possible.
À quel moment l'obligation se déclenche dans la vie de l'établissement ?
À l'ouverture, à la reprise d'un fonds et au changement d'activité ou de volume : trois moments méritent d'être anticipés, parce qu'ils font tous entrer l'établissement dans le champ du contrôle.
L'ouverture. Le dispositif doit être en place et raccordé avant le premier service, pas après. La déclaration d'activité et la demande d'autorisation de déversement se préparent en parallèle des travaux, en s'appuyant sur le plan de plomberie et sur le volume retenu. Faire l'inverse, c'est risquer d'ouvrir avec une installation à reprendre, donc de payer deux fois la main d'oeuvre.
La reprise d'un fonds. Ne supposez pas que l'autorisation du prédécesseur vous couvre. Demandez au service d'assainissement si elle reste valable pour vous, et refaites la demande si l'activité change. Le service en profite souvent pour vérifier l'existant : séparateur, raccordement et registre. Reprendre un local en pensant « c'était déjà en règle » est une source classique de mise en demeure évitable.
Le changement d'activité ou de volume. Passer d'un service à deux, raccorder un lave-vaisselle professionnel ou ouvrir une terrasse modifie le débit de pointe. Toute modification de la nature ou de la quantité des eaux déversées doit être autorisée comme la demande initiale (article L.1331-10). L'équipement d'origine peut aussi devenir sous-dimensionné, sans que rien n'ait bougé dans la cuisine. Le calculateur de capacité permet de refaire le point en six questions à chaque évolution de l'exploitation.
Comment obtenir l'autorisation de déversement en pratique ?
On la demande à la collectivité avec un petit dossier de cinq pièces. Les services d'assainissement ne demandent pas tous les mêmes pièces, mais le socle est stable et il vaut mieux l'avoir prêt.
- L'identification de l'établissement : raison sociale, adresse d'exploitation, activité réelle exercée.
- La description de l'activité génératrice du rejet : nombre de couverts servis, nombre de services par jour, postes de lavage raccordés.
- La description du prétraitement : nature du dispositif, volume, débit maximal admissible, référence de conception.
- Un plan ou un schéma de principe montrant les postes raccordés, la position du séparateur de graisse et le point de rejet.
- L'engagement d'entretien : mode d'exploitation retenu, vidange interne ou par prestataire, tenue d'un registre.
Une fois l'autorisation obtenue, elle se conserve avec le reste du dossier de conformité. Elle est la pièce qui relie votre équipement à une décision administrative, et c'est souvent la première chose demandée en contrôle, avant même le certificat de conformité du produit. Notre guide préparer un contrôle détaille l'ordre dans lequel présenter les pièces.
Un séparateur installé est-il forcément conforme ?
Non : obligatoire ne veut pas dire conforme. Un établissement peut être équipé et rester en défaut. C'est la situation la plus fréquente sur le terrain, et elle tient à trois causes récurrentes.
Le sous-dimensionnement. Un séparateur trop petit pour l'activité ne laisse pas aux graisses le temps de remonter : elles repartent au réseau. Le volume se choisit sur les couverts servis par jour, puis s'ajuste selon le lave-vaisselle, les détergents et le rythme de service. Exemple : 80 couverts en deux services, sans lave-vaisselle raccordé, le calculateur conseille le 70 L (60 à 90 couverts) à 499 euros HT ; avec lave-vaisselle et détergents quotidiens, le 100 L à 639 euros HT.
Le raccordement partiel. Un séparateur correctement dimensionné mais alimenté par une seule des deux plonges ne traite que la moitié du flux. Le contrôle regarde le schéma de raccordement, pas seulement la présence de l'équipement.
L'entretien non tracé. Un dispositif entretenu mais sans registre est, du point de vue du contrôleur, un dispositif dont l'entretien ne peut pas être établi. La preuve fait partie de la conformité, au même titre que le matériel. Voir comment tenir le registre d'entretien.
Un quatrième cas se rencontre plus rarement mais coûte cher : l'équipement générique, acheté sans référence de conception, qui remplit visuellement la fonction mais ne peut être rattaché à aucune norme. Il tombe au premier examen sérieux, parce que rien n'atteste ni son étanchéité, ni sa tenue aux rejets chauds de plonge, ni le débit qu'il accepte réellement. La distinction est développée dans séparateur de graisse ou dégraisseur.
La bonne façon de se poser la question n'est donc pas « ai-je un séparateur de graisse » mais « puis-je démontrer, pièces en main, que le mien traite l'intégralité de mes eaux grasses, à mon débit réel, et qu'il est entretenu ». Un exploitant qui sait répondre à cette phrase en trois documents ne craint aucun contrôle. Si un doute subsiste sur le volume à retenir ou sur le raccordement de vos postes, notre équipe technique fait le point par téléphone au 01 84 80 50 34.
Sources vérifiées le 21/10/2026 : article L.1331-10, article R.1331-2 et article L.1337-2 du Code de la santé publique (Légifrance) ; règlement sanitaire départemental de l'Allier, article 29.2 ; plaquette du service de l'assainissement de Paris ; prix HT et couverts du catalogue Séparateur Graisse.
Ce que disent les textes
- Autorisation obligatoire. Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte doit être préalablement autorisé par le maire ou par le président de la collectivité compétente (article L.1331-10 du Code de la santé publique).
- Sanction pénale. Déverser sans cette autorisation, ou en violation de ses prescriptions, est puni de 10 000 euros d'amende (article L.1337-2 du Code de la santé publique).
- Norme de l'appareil. La conception des séparateurs de graisse relève de la NF EN 1825-1, le choix de leur taille nominale, leur installation et leur entretien de la NF EN 1825-2.
Quel séparateur de graisse pour votre cuisine ?
Le volume se choisit sur le nombre de couverts servis par jour, puis s'ajuste selon le lave-vaisselle, les détergents et le rythme de service. Les sept modèles sont en inox 304L, conformes NF EN 1825, garantis 2 ans, livraison offerte dès 250 € HT.
| Modèle | Couverts / jour | Débit max | Pose | Prix HT |
|---|---|---|---|---|
| Séparateur 30 L | 15 à 25 | 60 L/h | Sous évier ou sous plonge | 295 € HT |
| Séparateur 40 L | 25 à 40 | 80 L/h | Sous évier ou sous plonge | 345 € HT |
| Séparateur 60 L | 40 à 60 | 120 L/h | Sous évier ou sous plonge | 459 € HT |
| Séparateur 70 L | 60 à 90 | 140 L/h | Sous évier ou sous plonge | 499 € HT |
| Séparateur 100 L | 90 à 140 | 200 L/h | Sous évier ou sous plonge | 639 € HT |
| Séparateur 120 L | 140 à 220 | 240 L/h | À poser au sol | 799 € HT |
| Séparateur 200 L | 250 à 400 | 400 L/h | À poser au sol | 1 049 € HT |
Un conseiller valide votre choix au 01 84 80 50 34 (Lun-Ven 10h-18h).
Questions fréquentes
Le séparateur de graisse est-il obligatoire pour tous les restaurants ?
Oui dès que l'établissement rejette des eaux grasses au réseau public. Le critère n'est pas le classement de l'établissement mais la nature du rejet : des eaux de plonge chargées en graisses sont un déversement non domestique, soumis à autorisation (article L.1331-10 du Code de la santé publique), et doivent être prétraitées avant le réseau.
Un food-truck doit-il aussi avoir un séparateur de graisse ?
Ses eaux grasses ne doivent jamais partir dans un regard : l'article R.1331-2 du Code de la santé publique interdit d'introduire au réseau ce qui gêne son fonctionnement. Il les collecte à bord et les vide sur un point autorisé, ou les prétraite : le séparateur 30 L, à 295 euros HT, couvre 15 à 25 couverts par jour.
Qui doit payer le séparateur de graisse, le propriétaire ou le locataire ?
Cela dépend du bail. En pratique, l'équipement suit celui qui exploite l'activité génératrice du rejet, donc le preneur, sauf clause contraire. Vérifiez la répartition des charges et l'état des lieux avant travaux, car le service d'assainissement, lui, s'adresse à l'exploitant identifié sur l'autorisation.
Faut-il une autorisation en plus du séparateur de graisse ?
Oui. L'équipement ne remplace pas l'autorisation de déversement de l'article L.1331-10 du Code de la santé publique. Le maire ou le président de l'intercommunalité compétente la délivre. Elle fixe sa durée, les caractéristiques des eaux déversées et leur surveillance. Sans réponse quatre mois après la demande, celle-ci est rejetée.
Que risque un établissement sans séparateur de graisse ?
Un déversement sans autorisation, ou contraire à ses prescriptions, est puni de 10 000 euros d'amende (article L.1337-2 du Code de la santé publique). Le règlement local peut ajouter ses pénalités : à Paris, 5 000 euros sans prétraitement et 3 500 euros pour un défaut d'entretien. S'y ajoutent les frais de curage en cas d'obstruction.
Un séparateur de graisse installé mais jamais vidangé reste-t-il conforme ?
Non. La conformité tient à trois éléments indissociables : un équipement conçu selon NF EN 1825, un dimensionnement cohérent avec l'activité réelle et un entretien tracé. Un séparateur saturé laisse repartir les graisses au réseau, ce qui vous replace exactement dans la situation que l'obligation cherche à éviter.
Tout le dossier réglementation
- La norme NF EN 1825 : quel séparateur de graisse acheter conforme
- Contrôles et risques : séparateur de graisse non conforme
- Séparateur de graisse ou dégraisseur : quelle différence ?
- Préparer un contrôle : séparateur de graisse et documents
- Fiches techniques des séparateurs de graisse
- Documents de conformité d'un séparateur de graisse
- Facture, TVA et achat pro d'un séparateur de graisse
- NF EN 1825 : le guide complet de la norme et de la formule NS = Qs x ft x fd x fr
- Arrêté du 25 juin 1980 et cuisine d'ERP : ce qu'il exige, et ce qu'il ne dit pas du séparateur de graisse
- Le règlement d'assainissement collectif : le document local qui décide de votre séparateur de graisse
- L'autorisation de déversement : la pièce sans laquelle votre séparateur de graisse ne suffit pas
- Le contrôle par le gestionnaire du réseau : comment se déroule une visite du service d'assainissement
- Non-conformité du séparateur de graisse : quelles suites, et comment les éviter
- ICPE rubrique 2220 et restauration : votre établissement est-il concerné, et qu'en est-il du séparateur de graisse ?
- Le certificat de conformité du séparateur de graisse : ce qu'il prouve, et ce qu'un faux certificat ne prouve pas
- Séparateur de graisse : propriétaire ou exploitant, qui est vraiment responsable ?
- Contrôle d'hygiène et services vétérinaires : quelle place pour le séparateur de graisse ?
- HACCP et séparation des graisses : où se situe le séparateur de graisse dans le plan de maîtrise sanitaire
- Assurance et dégât des eaux liés aux graisses : comment un séparateur de graisse négligé fragilise votre couverture
- Ouverture de restaurant : le séparateur de graisse à prévoir avant le premier service
- Se mettre en conformité sans fermer : le séparateur de graisse d'un établissement déjà en service
- Contrôle inopiné : comment réagir face à une visite non annoncée sur le séparateur de graisse
Sources officielles
- Code de la santé publique, article L.1331-10 : autorisation préalable de tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte (version en vigueur depuis le 18/12/2010).
- Code de la santé publique, article L.1337-2 : 10 000 euros d'amende pour un déversement d'eaux usées autres que domestiques sans l'autorisation de l'article L.1331-10 ou en violation de ses prescriptions.
- NF EN 1825-1 : séparateurs à graisses, partie 1 : principes pour la conception, les performances et les essais, le marquage et la maîtrise de la qualité (AFNOR).
- NF EN 1825-2 : installations de séparation de graisses, partie 2 : choix des tailles nominales, installation, service et entretien (AFNOR).
- NF DTU 60.11 P2 : règles de calcul des installations de plomberie sanitaire, partie 2 : évacuation des eaux usées et des eaux vannes (AFNOR).
Textes en vigueur et fiches de normes consultés le 5 octobre 2026. Les normes AFNOR sont payantes : le lien mène à leur fiche officielle.

































